Volume XXV Numéro 10, 15 FÉVRIER 1999
14/09/98 29/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
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LA UNE

Le J.-A.- DeSève officiellement inauguré!

Le CINBIOSE intègre un réseau international de santé

Cahier spécial: Faculté des sciences


SOMMAIRE DU NUMÉRO

Les tests cliniques valident la «Contramid»

Inauguration de la Chaire de philosophie

La prison, génératrice d'itinérance

Tisser des liens entre ONG et chercheurs

L'APP: une approche pédagogique nouvelle et originale

«Je porte l'Afrique avec moi»
- Jean-Marc Éla, professeur invité


Formation pour thésards africains Franc succès des ateliers de la Fondation Rockefeller

Les SVE au Complexe des Sciences

Premier prix aux Jeux nationaux du MBA

Semaine de la culture juive

SOUTENANCES DE THÈSE

LETTRE À L'UQAM
Le J.-A.- DeSève fourmille d'activités ?
Oui, mais à quel prix...


L'APP: une approche pédagogique nouvelle et originale
MM. Laurent Poliquin et Yves Mauffette, professeurs en biologie.
Avec la disparition, à compter de l'automne 1999, du programme traditionnel de baccalauréat en biologie, un seul bac, soit celui en apprentissage par problèmes (APP), sera dorénavant offert aux étudiants1. Selon son responsable, Yves Mauffette, il s'agit, d'un programme unique au monde dans cette discipline, fondé sur une approche pédagogique nouvelle et originale. Les connaissances s'acquièrent à partir d'analyses de cas concrets, en petits groupes de 10 à 12 personnes, dans lesquels les enseignants agissent à titre de tuteur. Les stratégies d'apprentissage sont donc centrées sur l'étudiant.

Les objectifs du programme Dans la perspective, notamment, d'améliorer la préparation au marché du travail, les objectifs de formation en APP visent à développer graduellement chez l'étudiant des habiletés transférables, telles l'autonomie, le sens des responsabilités, l'esprit de synthèse, le sens critique, la résolution de problèmes et l'implication personnelle et sociale. L'étudiant pourra ainsi acquérir une attitude active envers sa formation, c'est-à-dire une curiosité face à la biologie, une ouverture d'esprit, ainsi qu'une reconnaissance de la diversité des approches d'un problème ou d'une situation. Comme le précisent Yves Mauffette et Laurent Poliquin, professeurs au bac en APP, le programme favorise aussi l'intégration des disciplines (biochimie, génétique, biologie moléculaire, sciences environnementales, etc.) plutôt que leur juxtaposition.

Un nouveau système pédagogique Le système d'apprentissage par problèmes vise moins le cumul de connaissances, comme dans les systèmes traditionnels, que la maîtrise d'habiletés de base et de connaissances jugées essentielles à l'exercice de la profession de biologiste. Le fonctionnement du système repose sur la formation de petits groupes d'étudiants à qui l'on soumet une mise en situation ou un problème concret, analogues à ceux rencontrés dans la vie professionnelle. Dans cette réunion en groupe, appelée «tutorial», le rôle du professeur-tuteur en est un de facilitateur. Au coeur du système de l'APP, se situe l'apprentissage par les étudiants d'une démarche méthodologique axée davantage sur le raisonnement dans le contexte d'une situation présentée sous forme de problème, que sur sa résolution comme telle. Une démarche qui requiert de leur part des habiletés de communication, de raisonnement critique, d'approche logique et analytique, ainsi que de prise de décision. «Comment pense un biologiste? Pense-t-il différemment d'un ingénieur ou d'un médecin? Nous voulons aider les étudiants à développer une forme de pensée analytique, car chaque situation ou problème exige un type de pensée différent, tout en servant d'incitatif à l'apprentissage de connaissances», soulignent les professeurs Mauffette et Poliquin.
Le contenu du programme

Le programme de bac en biologie en APP, qui fut pendant un certain temps de type expérimental, consiste en une formation générale pendant les deux premières années alors que les connaissances s'articulent autour d'éléments tels que les êtres vivants et leur diversité; les différents niveaux d'organisation; de la molécule aux communautés; les interactions environnementales de nature abiotique et biotique. Outre le contenu des tutoriaux, le programme comprend aussi des séances de travaux pratiques comme l'apprentissage des différentes techniques et des différents équipements (utilisation du microscope, techniques en microbiologie, dissection, manipulation de matières dangereuses et d'animaux, etc.)

La troisième année en est une de spécialisation dans une des trois options suivantes: écologie, biologie moléculaire et biotechnologie, toxicologie et santé environnementale. On y vise l'intégration pratique des connaissances acquises lors des deux années précédentes, mais aussi la maîtrise de nouvelles connaissances en fonction des options. En plus des connaissances théoriques, les étudiants feront l'apprentissage des méthodes de travail usuelles de terrain.

Pour eux, le programme de bac en APP «représente une autre culture de l'organisation, de l'enseignement et de l'apprentissage»2. Au début, rappellent-ils, les enseignants étaient désemparés et souffraient d'insécurité, trop habitués à prendre la parole dans le cadre de cours magistraux. Maintenant, ils doivent davantage écouter et analyser. Par ailleurs, l'approche de l'APP favorise un encadrement plus serré des étudiants et une plus grande cohésion dans les groupes. Les abandons sont rares et le taux de rétention atteint plus de 90 %. «Les étudiants se sentent impliqués. Certains rêvent même de revenir un jour à l'université pour y enseigner l'APP».


1 L'implantation du programme de biologie en apprentissage par problèmes a été facilitée par certains facteurs: la volonté du département de s'impliquer, le développement d'une masse critique d'enseignants intéressés par le système, et le soutien apporté par l'ancien Décanat des études de premier cycle.

2 Signalons qu'en juillet 1999 se tiendra à l'UQAM une conférence internationale sur l'APP.