Volume XXV Numéro 14, 12 AVRIL 1999
14/09/98 29/09/98 12/10/98 26/10/98 9/11/98 23/11/98 07/12/98
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LA UNE

Formation en gestion
Dix ans de coopération avec la Pologne... et ça continue!


Poste de doyen à l'ESG
Un appui significatif à Jean Ducharme


Le budget de l'UQAM bientôt déposé



SOMMAIRE DU NUMÉRO




Vote en Arts et en Éducation
Le mot des candidats
SECTEUR DES ARTS
M. Georges Laferrière
M. André G. Bourassa

SECTEUR DE L'ÉDUCATION
M. Jocelyn R. Beausoleil
M. Marc Turgeon

Important transfert de technologie

Partenariat vs publications
Quand les chiffres secouent les mythes


Immigration, ethnicité, citoyenneté...

Nouveau programme court

Communication
Un écart entre la formation et l'emploi?


COLLOQUES
La « pensée sociale » :
au coeur de la réflexion en sciences humaines


Débats sur le Code du travail

Regards sur le langage

État de la recherche en histoire de l'art

Troubles sous analyse



Modification du PAFARC

Cycles supérieurs
De nouvelles bourses


Site web du BRI
L'UQAM à la carte


Concerts pour célébrer le 30e anniversaire de l'UQAM

Bouger pour réussir


Belle performance au concours stratégique du CRSH
Bourse d'excellence
Une étudiante déléguée à Genève


Titres d'ici
VITE LU
SOUTENANCES DE THÈSE


Les Cours du samedi
50 ans à promouvoir les arts visuels


Concours d'architecture
Trois diplômés lauréats


Les étudiants s'exposent!

Recherches en partenariat vs publications

Quand les chiffres secouent les mythes

Dans l'ordre habituel, les professeurs Yves Gingras, du département d'histoire et Benoît Godin, de l'INRS, tous deux chercheurs au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST).

Le partenariat est-il néfaste pour la recherche fondamentale? Les chercheurs universitaires canadiens qui pratiquent la recherche en partenariat publient-ils moins? Publient-ils moins en collaboration internationale? Peu d'études se sont attardées à ces questions. Pour défricher le terrain, les professeurs Yves Gingras, du département d'histoire et Benoît Godin, de l'INRS, tous deux chercheurs au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) et artisans de l'Observatoire des Sciences et des technologies (OST), ont colligé et analysé les données de la banque bibliométrique canadienne construite par l'OST pour Statistique Canada 1. Les observations des chercheurs surprennent, et confrontent quelques mythes.

Facteur d'impact plus élevé D'abord, contre toute attente, les données récoltées quant à la production de publications scientifiques révèlent qu'au Canada « la recherche menée avec des partenaires extra-universitaires 2 a légèrement plus d'impact que la recherche menée sans partenariat », expliquent les professeurs Gingras et Godin. Le facteur d'impact des revues utilisé dans l'étude est celui calculé par l'Institute for Scientific Information (ISI) et défini comme le nombre moyen de citations reçues par article dans les revues.

Ainsi, en 1995, alors que les chercheurs qui ne travaillaient qu'avec des collègues universitaires obtenaient un facteur d'impact de 2,1, ceux qui faisaient de la recherche en partenariat atteignaient 2,3. Quant à la recherche menée en collaboration internationale, elle aurait encore plus d'impact, soutiennent les chercheurs du CIRST. « Dans les publications internationales, le facteur d'impact de la recherche universitaire sans partenaires est de 2,6 alors que celui de la recherche avec partenaires atteint 3,6 », constate M. Gingras.

Quant à l'évolution de la recherche universitaire en partenariat, l'étude montre qu'en 1995, 21 % des publications universitaires ont été réalisées en partenariat 3, alors qu'en 1980, elles ne représentaient que 14,6 %. Une croissance de 155 % en 15 ans. Du côté de la collaboration internationale, le bond est encore plus important : de 16 % de publications réalisées avec des collaborateurs étrangers en 1980, on passe à 30,4 % quinze ans plus tard. « On ne saurait conclure, du moins au niveau macro, que le partenariat a eu une influence négative sur la production des chercheurs, ni sur leur production internationale », précise M. Gingras.

Des chercheurs hautement productifs Pour mettre à l'épreuve leurs résultats, les chercheurs du CIRST ont analysé la production de 37 chercheurs qui publient beaucoup avec des partenaires. Ils ont ainsi constaté que ces chercheurs produisent 43 % de leurs publications avec des partenaires extra-universitaires, soit le double du niveau national, que leur moyenne de publications était de 7,1 articles en 1995, avec 30 % en collaboration internationale, suivant en cela les tendances nationales.

Il est vrai, constate l'étude, que la recherche menée en partenariat est plus appliquée que celle menée entre universitaires seulement, et ce dans toutes les disciplines. Il est également vrai que la diminution du financement public de la recherche universitaire, au Canada comme dans l'ensemble des pays de l'OCDE, a été accompagnée de l'augmentation du financement industriel. Selon le professeur Godin, « on peut estimer qu'aujourd'hui, les deux tiers des chercheurs les plus actifs sont impliqués dans des travaux de recherche en partenariat ». Mais l'idée passablement répandue que le partenariat serait néfaste pour la recherche fondamentale ne semble pas résister aux faits observés dans le domaine des publications scientifiques.

1 La banque de données de l'OST comprend les publications produites par les chercheurs canadiens entre 1980 et 1997 et indexées dans le Science Citation Index (SCI).

2 On compte parmi ces partenaires les entreprises, les laboratoires gouvernementaux, les hôpitaux et les collèges. Le partenaire principal est le secteur hospitalier, présent dans 45,2 % des collaborations.

3 Le rapport des professeurs Gingras et Godin indique que le partenariat est inégalement réparti entre les disciplines. En 1995, 33,2 % des publications en médecine clinique étaient réalisées en partenariat. Les proportions dans les autres disciplines sont : 21,8 % en biologie, 20,5 % en recherche biomédicale, 20,2 % en sciences de la terre et de l'espace, 16,2 % en génie, 9,8 % en physique, 6,8 % en chimie et 2,6 % en mathématiques.