Volume XXV Numéro 3, 13 OCTOBRE 1998
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LA UNE

Manitou ouvre la porte de la bibliothèque universelle

Désignation des doyens
Suffrage universel pondéré


Recherche et expérimentation en danse




SOMMAIRE DU NUMÉRO

Bibliothèque virtuelle
60 000 $ de Bell Canada


Les sciences de la vie et la chimie: un savoir utile et des programmes performants

Physique, mathématiques et informatique
Favoriser une collaboration optimale entre les universités


L'interdisciplinarité, un thème qui mérite réflexion !

La mineure en étude de la population:
Un parti-pris interdisciplinaire, multidépartemental mais aussi ... interfacultaire


Rapprochement modules/départements
Meilleure intégration des programmes de tous les cycles


Subventions CRSH à la recherche
Nos chercheurs se surpassent


Bourses de doctorat CRSH 1998-1999
Le plus haut taux de succès en cinq ans


Le CIRST en plein élan: nouveau protocole, nouvelle subvention

La grossesse à l'adolescence: un enjeu social d'envergure

En cas de divorce ou de séparation
Comment protéger les droits de l'enfant ?


Pouvoir et démocratie dans les groupes de femmes

Colloque de l'Association d'économie politique
Réflexion sur le développement des métropoles


Paix au Moyen-Orient
Un colloque se penchera sur les enjeux et les solutions


Concours FCAR et CRSH
Toute une performance pour les chercheurs du CREFÉ!


Nouvelles activités de la Chaire Bombardier
Vers des liens plus étroits entre l'Université et le monde des entreprises

Thérèse Paquet-Sévigny reçoit la médaille Marie-Curie

Traitement plus rapide des demandes d'admission

Nouvelle registraire

21 nouveaux boursiers du CRSNG

Frontières: 10 ans déjà!

Galerie de l'UQAM
Les machines à l'honneur


SOUTENANCES DE THÈSE

COMMISSION DES ÉTUDES

VITE LU

Pouvoir et démocratie dans les groupes de femmes
De gauche à droite, Chantal Redstone, stagiaire, Jennifer Beeman, agente de recherche, et Nancy Guberman, chercheure principale de l'équipe.

Une équipe de chercheures1 sous la direction de Nancy Guberman, professeure au département de travail social, obtenait récemment du CRSH une subvention de recherche stratégique (environ 100 000 $) afin de mieux cerner les enjeux, les apports et les problèmes entourant les pratiques de participation, de pouvoir et de démocratie dans les groupes de femmes au Québec2, surtout en ce qui concerne leurs membres/usagères. La recherche, d'une durée de trois ans, sera menée en partenariat avec deux organismes communautaires: le Centre de formation populaire et Relais-femmes.

Les usagères au centre de l'analyse
Ce projet s'inscrit dans le prolongement d'une autre recherche qui avait permis d'identifier plusieurs éléments constitutifs de la culture organisationnelle des groupes de femmes: peu de hiérarchie, fonctionnement par consensus, circulation de l'information, mécanismes de résolution de conflits, etc. Il s'agit de groupes autonomes de femmes offrant des services spécifiques ou se vouant à la défense de droits particuliers (centres d'hébergement, maisons de santé, etc.). Toutefois, la place et le rôle des usagères des services ou des participantes, notamment dans les structures décisionnelles et la gestion des groupes, n'avaient pas été analysés, une lacune que le projet de recherche actuel entend combler.

En fait, explique Mme Guberman, «nous nous interrogerons sur l'arrimage entre le pouvoir des intervenantes (les productrices de services) dans les groupes et celui des membres/usagères. On se rend compte que les pratiques de démocratie participative impliquent presque uniquement les salariées et occasionnellement les militantes actives». Enfin, on constate, dans plusieurs groupes, une faible représentation des membres/usagères dans les instances formelles de gestion: assemblée générale, conseil d'administration, etc.

D'autres objectifs
Par ailleurs, le projet de recherche poursuivra d'autres objectifs spécifiques: cerner, pour les intervenantes des groupes de femmes, le contenu réel des notions de participation, de pouvoir et de démocratie, ainsi que leur articulation dans les discours et les pratiques; identifier les temps et les lieux formels et informels de pouvoir des membres/usagères, de même que les processus et manifestations concrètes de leur pouvoir; développer, avec des partenaires privilégiés, des propositions d'outils pédagogiques de support aux interventions, etc. «Les femmes, souligne Mme Guberman, tout en expérimentant de nouvelles avenues, se questionnent beaucoup sur les relations de pouvoir et la démocratie. Aussi, nous voulons les aider à photographier leur pratique, à identifier et à nommer leur culture spécifique».

Des retombées concrètes
L'équipe de recherche aura recours à plusieurs techniques de cueillette de données: entrevues individuelles, observation participante et une douzaine de focus groups comprenant des permanentes, des militantes actives dans les instances décisionnelles et des membres/usagères. Des sessions de formation pour les intervenantes des groupes, ainsi que des monographies, sont aussi prévues. «Les résultats de la recherche, de préciser Mme Guberman, devraient contribuer à ce que les groupes de femmes consolident et transforment leurs pratiques démocratiques, tout en éclairant les décideurs politiques sur le rôle stratégique que jouent ces groupes dans le processus d'accès à une citoyenneté active».


  1. L'équipe comprend également les co-chercheures Jocelyne Lamoureux (sociologie, UQAM) et Danielle Fournier (UdeM), ainsi que Jennifer Beeman, agente de recherche, et Chantal Redstone, stagiaire.
  2. Sur l'Île de Montréal seulement, on compte près de 500 groupes autonomes de femmes intervenant dans divers secteurs d'activités, témoignant ainsi de la vitalité du mouvement des femmes. De gauche à droite, Chantal Redstone, stagiaire, Jennifer Beeman, agente de recherche, et Nancy Guberman, chercheure principale de l'équipe.