Volume XXV Numéro 8, 18 janvier 1999
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LA UNE

Création du bureau des études

Communiquer en temps de crise

Recherche et partenariats: quels enjeux?

SOMMAIRE DU NUMÉRO

Prix Orange au Complexe des sciences

Pour aider les victimes de Mitch

Gaël Texier et la Bourse Yvan Cournoyer

Plus de 100 bourses

Le savoir biomédical entre laboratoire et clinique

Adaptation scolaire et sociale: nouveau site Web

Conférences de la Chaire Bombardier

Prix du coopérateur de l'année 1998

Don du SEUQAM

VITE LU

Avis de scrutin

Les lauréats du TOXEN

Financement de stages à l'étranger

Le GREFI remet 40 000$ en bourses

Esquisses en danse

Doctorat honorifique à Mikis Theodorakis

Subvention d'une fondation privée

Formule majeures/mineures

Réforme de programmes en études urbaines

Une rousse à la rescousse d'un chevalier !

Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Quand l'art rencontre l'anthropologie

Colette Boky au Panthéon canadien de l'art lyrique

Le verglas vu et revu

Rétrospective des travaux de Roger Pfund

Ateliers de théâtre

Le savoir biomédical
entre laboratoire et clinique


Afin de mener des recherches sur la dynamique du développement des connaissances dans le domaine biomédical, Peter Keating (UQAM) et Alberto Cambrosio (McGill) du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), ont reçu, pour la période 1997-2000, d'importantes subventions1. Les recherches porteront plus particulièrement sur une «constellation de maladies, comme les différents types de cancers du sang (leucémie, lymphomes, sida), qui traversent un ensemble de disciplines, de spécialités et de techniques».

Problématique d'ensemble
MM. Keating et Cambrosio veulent dépasser l'opposition entre les études ethnographiques portant sur un seul site (laboratoire ou clinique) et celles visant à saisir le système biomédical dans son ensemble, et ce afin de centrer les analyses sur un niveau intermédiaire d'activités biomédicales, là où s'établissent des régulations inter-cliniques ou inter-laboratoires. Selon M. Keating, de plus en plus de chercheurs reconnaissent que la source des nombreuses innovations en laboratoire se situe dans le questionnement clinique (techniques de diagnostic et interventions thérapeutiques) et que leur interrelation mobilise une dynamique complexe se trouvant au coeur du champ biomédical. «En général, on sépare la recherche en laboratoire du travail en clinique, et pourtant les informations circulent entre les deux. Le point de jonction, c'est le diagnostic».

Dans la dynamique du développement des sciences biomédicales, souligne le chercheur, il faut tenir compte de l'existence d'une pratique clinique qui génère des problèmes de recherche et propose des objets d'étude. «Le sida, ajoute-t-il, est un bon exemple. Il impose aux chercheurs toute une série de problèmes concernant la formation des virus ou des cancers, tout en suscitant une série de travaux qui se font, par exemple, sur la communication entre les cellules».

Objectifs
Ce qui permet aussi de rendre compte du développement des sciences, c'est ce que M. Keating appelle la description du système expérimental qui est à la fois technologique et épistémologique (ex.: nouveaux appareillages techniques, mais aussi nouvelles représentations des cellules). Par ailleurs, les deux chercheurs visent, notamment à: analyser la construction des classifications médicales dans le domaine des cancers du sang, leur mise en oeuvre dans la pratique clinique, ainsi que leur va-et-vient entre la clinique et le laboratoire; cerner le rôle des instruments et des techniques (surtout des innovations techno-scientifiques) et, enfin, analyser le développement des nouvelles activités cliniques touchant aussi bien le diagnostic que les interventions thérapeutiques.

L'objectif central, souligne M. Keating, est de dégager des catégories (comme les notions de régulation et de système expérimental) permettant de décrire le travail effectué dans le champ biomédical et pouvant être utilisées par d'autres chercheurs en sciences sociales. «Si nous pouvons décrire le plus adéquatement possible la recherche biomédicale d'une façon qui soit acceptable pour les praticiens et compréhensible pour les gens en philosophie, en histoire ou en sociologie des sciences, alors nous pourrons dire mission accomplie»".

  1. Les deux chercheurs ont obtenu 90 000 $ du FCAR-Équipe, ainsi qu'une subvention de 60 000 $ du CRSH.