Volume XXVI Numéro 12, 27 Mars 2000
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« La force principale de l'UQAM, ce sont ses ressources humaines! »

Formation à distance: l'ERE sur les inforoutes


SOMMAIRE DU NUMÉRO



Premières journées NTIC

La santé mentale des jeunes adultes

Manifeste pour l'humanité

En avant la culture!

20 ans sans fausse note

Faire le lien entre le banc d'école et la vraie vie

L'avenir monétaire des Amériques

Un autre projet subventionné à l'IREF

4e Jeux des communications

Toujours détenteur d'un record Guinness

Champion québécois de ski alpin

Apprendre en s'amusant!

VITE LU

Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Chez les 18-30 ans

Les difficultés d'insertion génèrent de la détresse
Mme Danielle Desmarais, professeure au Département de travail social.
Les principaux déterminants de la détresse psychologique chez les jeunes adultes sont d'ordre socioculturel et c'est donc à ce niveau qu'il convient de chercher des solutions. Voilà l'une des principales conclusions qui ressort des travaux menés par le Groupe d'étude sur la santé mentale des jeunes adultes1 dirigé par Mme Danielle Desmarais, professeure à l'École de travail social. Quelle place réserve-t-on aux 18-30 ans dans le Québec contemporain? Quelle image est véhiculée à leur sujet? Quelles difficultés d'insertion sociale rencontrent-ils et quels en sont les impacts sur leur bien-être psychologique? Autant de questions qui ont fait l'objet de la réflexion du Groupe d'étude dont le rapport2 a été rendu public récemment.

Pas facile d'être jeune
Premier constat, la majorité des 144 jeunes âgés de 18 à 30 ans qui ont été rencontrés avaient récemment vécu de la détresse psychologique, l'anxiété et la dépression en étant les manifestations les plus courantes. « De 18 à 30 ans, c'est une longue période, de souligner Mme Desmarais. [...] À 18 ans, on a la tête pleine de projets. À l'approche des 30 ans, on commence à faire des bilans et là, souvent, c'est dur... on se rend compte que notre vie est parfois bien différente de ce que l'on avait imaginé. À cela, s'ajoute l'incertitude face à l'avenir... Tout ceci entraîne de la détresse... ».

Bien sûr, de rappeler Mme Desmarais, les 18-30 ne sont pas un groupe homogène. « On a constaté un certain nombre de profils qui s'intègrent sans trop de heurts - des diplômés universitaires, des jeunes ayant opté pour une formation professionnelle au secondaire, ceux qui héritent, etc. - mais c'est une minorité ». En fait, de dire la chercheure, la plupart sont aux prises avec d'importantes difficultés d'insertion socioprofessionnelle : emplois instables, faibles salaires, chômage, dépendance à l'égard des prestations de la sécurité du revenu. Leurs conditions de vie précaires les amènent à vivre de l'angoisse, de la solitude... En outre, d'autres transformations sociales - comme les changements qui ont marqué les rapports entre les sexes - contribuent à leur sentiment de détresse. « Comment je me situe comme homme? comme femme? Ils s'interrogent là-dessus... Plusieurs ont vécu des relations de couple à répétition et ces ruptures à la chaîne n'ont pas été sans effets...».

Des stratégies individuelles...
« On a constaté que les propos des jeunes sont très nuancés quant aux problèmes qu'ils rencontrent : ils se montrent lucides et leur vision des choses n'est pas polarisée... [...] Ils vivent des hauts et des bas. Une bonne santé mentale, à leurs yeux, ce n'est pas de ne jamais connaître une période down, c'est d'être capable d'en sortir! ». Comment parviennent-ils à remonter la pente? Ils cherchent à se changer eux-mêmes, ils tirent des leçons ou dédramatisent la situation, ils se confient aux amis ou aux parents, etc. Toutefois, ils déplorent le manque d'espace pour se rencontrer entre pairs et trouvent que le réseau des ressources socio-professionnelles ne répond pas assez rapidement à leurs besoins lorsqu'ils sont aux prises avec une situation difficile.

... aux pistes collectives
Selon le Groupe d'étude, trois facteurs doivent être réunis pour prévenir la détresse psychologique chez les jeunes adultes : l'existence de conditions de vie décentes, l'accès à l'éducation et la possibilité de se réaliser - tout en contribuant à la société - par le biais d'un travail satisfaisant. « Que ce soit en termes de fiscalité, de partage du travail, etc., il me semble qu'il y a un débat à faire, comme société, sur l'inéquité entre les générations et l'importance de faire une plus grande place aux jeunes » de conclure Mme Desmarais.

1. Créé à l'été 1996 par le Comité de la santé mentale du Québec (CSMQ) - un organisme-conseil qui intervient auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux ­ le Groupe d'étude dirigé par Mme Desmarais avait reçu le mandat de produire un rapport sur les liens entre la détresse psychologique - qui touche environ le tiers des jeunes adultes québécois selon l'enquête Santé-Québec de 1992-1993! - et l'insertion sociale de ces jeunes.

2. D. Desmarais, F. Beauregard, D. Guérette, M. Hrimech, Y. Lebel, P. Martineau et S. Péloquin. Détresse psychologique et insertion sociale des jeunes adultes : un portrait complexe, une responsabilité collective. Comité de la santé mentale du Québec, Les Publications du Québec, 2000.