Volume XXVI Numéro 12, 27 Mars 2000
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« La force principale de l'UQAM, ce sont ses ressources humaines! »

Formation à distance: l'ERE sur les inforoutes


SOMMAIRE DU NUMÉRO



Premières journées NTIC

La santé mentale des jeunes adultes

Manifeste pour l'humanité

En avant la culture!

20 ans sans fausse note

Faire le lien entre le banc d'école et la vraie vie

L'avenir monétaire des Amériques

Un autre projet subventionné à l'IREF

4e Jeux des communications

Toujours détenteur d'un record Guinness

Champion québécois de ski alpin

Apprendre en s'amusant!

VITE LU

Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Départ de Jacques Hétu

20 ans sans fausse note
Le professeur du Département de musique Jacques Hétu, l'un des compositeurs canadiens les plus joués.
Jacques Hétu, l'un des compositeurs canadiens les plus joués tant au Canada qu'à l'étranger, se souvient parfaitement du moment où il a décidé de devenir compositeur de musique. C'était en 1953, il avait 15 ans. Le récital d'orgue auquel il venait d'assister dans la chapelle du Collège Jean-de-Brébeuf, où il étudiait, résonnait encore à ses oreilles. Il s'est alors mis à reproduire au piano des fragments de ce qu'il venait d'entendre. « Tu sais, ce n'est pas normal ce que tu fais là », lui a-t-on fait remarquer. « J'entendais et je retenais depuis toujours, mais je croyais que tout le monde était comme ça. J'avais un don, un talent et je l'ignorais », avoue le professeur du Département de musique qui ne vient pas d'une famille de musiciens.

Près d'un demi-siècle plus tard, le compositeur se considère privilégié d'avoir passé sa vie dans la musique et dans la composition musicale. Après 36 ans d'enseignement, dont les vingt dernières passées à l'UQAM, l'heure de la retraite a sonné. Pour le professeur, s'entend. Car avec un carnet de commandes bien rempli pour plusieurs années, le compositeur, qui en est déjà à son opus 66, a l'embarras du choix.

Communiquer par la musique
Que retenir de ces années à l'UQAM? « J'aime l'enseignement. Heureusement. Aussitôt que je parle de musique, je communique. [...] Je crois que ma présence au sein du Département de musique a contribué à la mise sur pied d'un corps professoral qui inclut des interprètes reconnus et actifs dans le milieu, tels Joseph Rouleau et Colette Boky. Les étudiants ont pu en profiter. Malgré les structures de l'Université qui ne sont pas faites pour les arts, il y a des gens qui ont cru à la musique, à l'UQAM, ce qui a permis d'avoir le pavillon de musique », souligne le professeur qui a surtout enseigné l'analyse musicale.

Les &brkbar;uvres de Hétu incluent quatre symphonies, de nombreux concertos, des &brkbar;uvres pour voix et orchestre, l'opéra Le Prix, sur un livret de Yves Beauchemin, sans oublier la Missa pro trecentesimo anno, une &brkbar;uvre de 52 minutes créée en 1985 pour le tricentenaire de la naissance de Bach. Comment M. Hétu travaille-t-il? « Je construis à partir d'un cadre calculé - durée, instruments, nombre de musiciens. C'est une construction très rigide. Je compare souvent l'architecture à la musique ».

Et l'inspiration? « J'écris d'abord pour mes interprètes. Je connais leurs goûts, leur façon de jouer, de travailler. Je cherche une idée musicale. Si je trouve une idée valable qui a du potentiel de développement, je construis à partir de cela. Ensuite, pour 5 % d'inspiration, comme on dit, il y a 95 % de transpiration, et... du temps. Il faut en moyenne un mois pour composer deux minutes de musique pour grand orchestre ». De son réper- toire internationalement reconnu, mentionnons la Sonate pour violoncelle et piano opus 63 créée par Yegor Dyachkov et Jean Saulnier, au Festival international de Lanaudière, les Variations pour piano, enregistrées par Glenn Gould et les Images de la révolution, créées par l'OSM et Charles Dutoit.

Les éléments du style « Hétu » incluent des formes néo-classiques et une expression néo-romantique, dans un langage utilisant les techniques du XXe siècle. « Je ne suis pas un avant-gardiste, on ne joue jamais ma musique dans les cercles de musique contemporaine. Je ne renie pas la tradition; mes sources d'alimentation puisent dans la musique du passé ». Dans la poésie également, puisque Nelligan lui a inspiré quatre créations musicales.