Volume XXVI Numéro 12, 27 Mars 2000
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« La force principale de l'UQAM, ce sont ses ressources humaines! »

Formation à distance: l'ERE sur les inforoutes


SOMMAIRE DU NUMÉRO



Premières journées NTIC

La santé mentale des jeunes adultes

Manifeste pour l'humanité

En avant la culture!

20 ans sans fausse note

Faire le lien entre le banc d'école et la vraie vie

L'avenir monétaire des Amériques

Un autre projet subventionné à l'IREF

4e Jeux des communications

Toujours détenteur d'un record Guinness

Champion québécois de ski alpin

Apprendre en s'amusant!

VITE LU

Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

Mondialisation et marchandisation

Un appel au refus et à la dissidence!
MM. Jean-Guy Lacroix et Jacques-Alexandre Mascotto, professeurs au Département de sociologie.
« La culture, l'éducation, la santé, l'art, les espèces animales et végétales, tout devient prétexte à l'investissement pour faire des profits de plus en plus gigantesques. Désormais, l'ordre du désordre du commerce infini domine totalement ». Ces phrases-chocs et tranchantes, on peut les lire dans le Manifeste pour l'humanité, philosophie politique pour le troisième millénaire, que viennent d'écrire Jean-Guy Lacroix et Jacques- Alexandre Mascotto, professeurs au Département de sociologie. Face à la « mondialisation de la marchandisation, véritable esprit du capitalisme contemporain », devant les ravages de la société néolibérale, leur manifeste se veut un cri de révolte, un appel au refus et à la dissidence.

Pourquoi un manifeste? « Les raisons qui nous ont conduits à rédiger ce texte sont à la fois politiques et subjectives », précisent les deux auteurs. Le manifeste se situe dans le prolongement des discussions menées entre eux, mais aussi avec des étudiants de leurs séminaires de doctorat. « Sans prétendre renouveler la théorie, mais poussés par l'enthousiasme des étudiants, explique Jean-Guy Lacroix, nous voulions répondre à leur demande implicite de mettre en perspective théorique les résultats de nos débats ». Et puis, ajoute Jacques Mascotto, « nos réflexions étaient aussi portées par le contexte de radicalisation des récentes manifestations contre l'AMI, l'OMC à Seattle, et plus près de nous, contre l'entente entre Coke et l'UQAM ». La forme du manifeste s'est imposée parce qu'elle exprime bien, selon eux, une volonté de rupture politique. « C'était aussi, lance M. Lacroix, le reflet d'une sorte de ras-le-bol devant la détérioration de tout ce qui existe, devant les hommes d'affaires qui s'érigent en démiurges avec leur logique économique amorale. Bref, nous voulions dire : Ça suffit! »

S'attaquer au néolibéralisme Le Manifeste pour l'humanité constitue une charge à fond de train contre le système de pensée néolibéral qui « attribue à la marchandise le pouvoir froid et arrogant de conférer aux rapports entre les humains un statut définitif de rapports entre des choses ». Cette liberté des marchandises et des capitaux, soulignent Lacroix et Mascotto, « amène l'humain à se conduire en rat calculateur et décisionnel ». Pendant que l'on accusait les services publics d'être la cause de l'endettement public, on finançait la reconversion industrielle, affirme M. Lacroix. À travers l'usage de son appareil législatif et réglementaire, l'État se constitue en rouage de l'exploitation, soutient à son tour M. Mascotto. « C'est ce qu'il fait quand il décrète que les étudiants ne peuvent plus déclarer faillite, ou lorsqu'il fait passer des lois anti-déficit dans les écoles et les hôpitaux, tandis que, par ailleurs, il subventionne les grandes entreprises comme GM à même les deniers publics ». Face au capitalisme qui cherche constamment de nouvelles zones de mise en valeur du capital, il faut opposer des zones de liberté, des espaces de vie et d'autonomie sociale, expliquent les deux sociologues. « Nous devons repartir du sentiment humain de refus ou de révolte. La vraie individualité n'est possible que dans une vision altruiste de la collectivité ».

Le lancement du Manifeste pour l'humanité, publié chez Lanctôt éditeur, aura lieu le 5 avril prochain, de 17 h à 20 h, au Bar Saint-Sulpice (1680 Saint-Denis).