Volume XXVI Numéro 12, 27 Mars 2000
13/09/99 27/09/99 12/10/99 25/10/99 8/11/99 22/11/99
17/01/00 31/01/00 14/02/00 28/02/00 13/03/00 27/03/00 10/04/00
LES ARCHIVES
LA UNE



« La force principale de l'UQAM, ce sont ses ressources humaines! »

Formation à distance: l'ERE sur les inforoutes


SOMMAIRE DU NUMÉRO



Premières journées NTIC

La santé mentale des jeunes adultes

Manifeste pour l'humanité

En avant la culture!

20 ans sans fausse note

Faire le lien entre le banc d'école et la vraie vie

L'avenir monétaire des Amériques

Un autre projet subventionné à l'IREF

4e Jeux des communications

Toujours détenteur d'un record Guinness

Champion québécois de ski alpin

Apprendre en s'amusant!

VITE LU

Titres d'ici

SOUTENANCES DE THÈSE

« La force principale de l'UQAM, ce sont ses ressources humaines! »

- Gilbert Dionne, recteur intérimaire

« J'ai accepté ce défi parce que j'aime l'UQAM et que j'ai foi en elle. Compte tenu de mon expérience, j'ai toujours constaté que, dans les périodes difficiles, tous les groupes de l'Université étaient capables de mettre l'épaule à la roue afin de sortir des impasses ». C'est ce qu'affirme M. Gilbert Dionne qui, durant les 18 prochains mois, dans un contexte de crise budgétaire, assumera la fonction de recteur intérimaire de l'UQAM. Il nous livre ici sa perception des principaux problèmes auxquels l'Université fait face, des contributions que peuvent apporter les diverses composantes de sa communauté, et des forces sur lesquelles elle doit s'appuyer. Stabiliser la situation financière, réussir la rationalisation de la programmation et faire un succès des prochaines négociations des conventions collectives, voilà, selon M. Dionne, trois dossiers prioritaires, trois défis que l'UQAM devra relever au cours des mois à venir. « Si on arrive à trouver des solutions dans chacun de ces dossiers, nous aurons une université qui oeuvre dans un contexte sain et favorable à son développement et à sa stabilisation ».
M. Gilbert Dionne, recteur intérimaire.



Sortir du sous-financement
L'UQAM, soutient M. Dionne, demeure l'université la plus sous-financée au Québec. Une réalité qui était déjà reconnue dans les années 80. « Dans cette perspective, explique-t-il, il est majeur que l'on fasse toutes les démarches auprès des instances gouvernementales pour rétablir, en termes de financement, une certaine équité par rapport aux autres universités ». Au sujet des mesures prévues dans le dernier budget du ministre Landry1, M. Dionne estime que les sommes annoncées semblent indiquer que le gouvernement est conscient des problèmes rencontrés par les universités et qu'il y a là des éléments qui pourront les aider à surmonter leurs problèmes. Toutefois, précise-t-il, il est certain que dans un an ou deux ces montants ne seront plus suffisants pour combler l'ensemble des besoins. Par ailleurs, en ce qui concerne les contrats de performance qui lieraient l'accès des universités au financement, tels qu'évoqués par le ministre de l'Éducation, M. Dionne s'interroge sur la façon dont seront établis les critères pour déterminer ces performances. Il espère que ceux-ci n'entraveront pas les deux missions fondamentales de l'université, soit la formation des étudiants et la recherche.

La contribution de la communauté universitaire
Aux yeux de M. Dionne, il est aussi nécessaire, sur le plan interne, de poser des gestes qui permettront à l'UQAM de retrouver un équilibre budgétaire. Et dans cet esprit, des efforts seront demandés à la communauté universitaire. « On ne peut plus tellement réduire le nombre de personnels. Il nous faut trouver des façons de dispenser notre programmation, de gérer nos services, d'obtenir des sources extérieures de financement qui, mises ensemble, vont permettre à l'Université de résoudre la crise financière [...] Je constate qu'il y a une volonté commune de travailler à trouver des solutions. On verra dans les prochaines semaines comment et avec quels moyens les différents groupes pourront y contribuer ». Quant aux négociations pour le renouvellement des conventions collectives, M. Dionne considère que l'ensemble des syndicats et des associations sont bien disposés. « Une confiance mutuelle entre la direction de l'UQAM et celles des différents syndicats est une des conditions pour que ces négociations soient un succès. Une autre condition est que l'ensemble de la communauté soit bien sensibilisée à la situation précaire dans laquelle nous nous trouvons [...] Le désir des principaux intervenants de travailler en concertation démontre qu'il existe actuellement un climat de confiance que l'on doit protéger et améliorer. Pour arriver à bien s'entendre, il est fondamental pour moi qu'il y ait une bonne communication et une information partagée entre les différentes parties ».

Bref, de souligner M. Dionne, « on ne peut pas se payer des déficits structurels d'année en année sans aller vers une situation impossible ». Les solutions, à son avis, sont de deux ordres. « Sur le plan externe, nous ferons donc les gestes nécessaires pour que le gouvernement puisse aider l'Université, nous allons aussi regarder les possibilités d'augmenter le nombre d'étudiants qui fréquentent l'UQAM et nous examinerons d'autres sources externes de financement afin d'améliorer nos revenus. En même temps, il faut également revoir, à l'interne, nos modes de fonctionnement. Cela vaut pour les conventions collectives, comme celle des professeurs, pour l'approche que nous avons dans différents services, ou pour les programmes que nous offrons [...] Le travail que nous avons à faire présentement à l'UQAM, ce n'est pas de discuter sur les structures de l'Université, mais de déterminer ensemble les choix à faire, ainsi que les objectifs que l'on veut se donner et les moyens pour les atteindre. Il s'agit de faire en sorte que les structures existantes nous aident à concrétiser ces choix ».

Rationaliser la programmation
En ce qui concerne l'exercice de rationalisation de la programmation, M. Dionne rappelle que les résultats des réflexions et des analyses déjà effectuées sont en train d'émerger. Mais, précise-t-il, « compte tenu de la situation actuelle, il faudra, au cours des prochains mois, accélérer l'analyse de notre programmation et faire les changements qui s'imposent. Nous devons tous être conscients qu'il y a urgence à traiter ces questions et à les traiter rapidement ». Selon M. Dionne, l'UQAM a toujours été à l'avant-garde dans sa façon de dispenser les enseignements et de répondre aux besoins de formation des étudiants. Mais en même temps, il est nécessaire de réviser périodiquement les modalités d'enseignement afin de les adapter aux réalités actuelles, comme celle de la mondialisation. « Utilisons-nous au maximum les ressources qui sont impliquées dans l'enseignement? Est-ce que le nombre de programmes que nous offrons est trop, suffisamment, ou pas assez élevé? Sont-ils offerts selon de bonnes modalités? Pouvons-nous mieux exploiter les possibilités de collaboration entre les départements et entre les facultés? Y a-t-il des pertes d'énergies dans la façon dont nous gérons nos programmes? Et ceux-ci offrent-ils de bons choix aux étudiants? La rationalisation a pour but premier de faire une utilisation maximale des ressources disponibles pour un maximum de résultats ».

Les forces de l'UQAM
Sur quelles forces l'UQAM peut-elle s'appuyer pour poursuivre sa progression? « La force principale de l'UQAM, de répondre M. Dionne, ce sont ses ressources humaines exceptionnelles : professeurs, chargés de cours, employés de soutien et cadres. Si vous avez des ressources de grande qualité, vous aurez une institution forte. L'UQAM a aussi fait la preuve qu'elle pouvait travailler à l'intérieur des ressources qui lui étaient consenties tout en les maximisant en termes de services offerts à ses clientèles. Nous avons également développé des créneaux de formation et de recherche qui répondent aux besoins de la société et du marché du travail ». Ainsi, les biotechnologies, l'informatique, les sciences de l'environnement, les nouveaux médias, la formation des maîtres, pour ne citer qu'eux, demeurent, selon M. Dionne, dans les priorités de l'Université. « Il s'agit là de domaines vitaux pour le développement de l'UQAM et pour celui de la société ». Enfin, ajoute-t-il, l'Université est bien insérée dans son milieu grâce, notamment, à ses services à la collectivité.

Par ailleurs, rappelle M. Dionne, « l'UQAM a joué un rôle important dans le développement du réseau universitaire québécois. Bien sûr, il y a une concurrence normale entre les universités. Mais celle-ci doit être amicale et ne doit pas nuire au développement de chacune. Nous devons, à Montréal en particulier, collaborer avec les autres universités ». Enfin, tout en tenant compte de la jeunesse de l'UQAM et du fait qu'elle n'est pas présente dans tous les champs du savoir, il reste, affirme M. Dionne, que nous sommes une université de premier plan avec un rayonnement international.

1. Rappelons que le dernier budget du ministre Landry prévoit consacrer un milliard $ au secteur de l'éducation. Les universités récoltent 60 % de cette somme, soit 600 millions $ pour les trois prochaines années. En plus, dès cette année, afin d'aider les universités à éponger leur déficit accumulé, le gouvernement leur versera 100 millions $.