Volume XXVI Numéro 13, 10 avril 2000
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LES ARCHIVES
LA UNE



Michel Hébert à la Société royale du Canada

Le devoir de mémoire

Le ministre Perreault à l'École de langues


SOMMAIRE DU NUMÉRO



Pour en finir avec l'âgisme

Les vendredis de l'ESG

Nouveau vice-recteur intérimaire

Rapport de la Fondation

COLLOQUES

  • Construction d'espaces identitaires
  • Formation professionnelle
  • Le travail en question
  • Écritures médiatiques


  • Nouvelle concentration en mathématiques financières

    Stages à l'étranger

    Soirées retrouvailles

    Le salon G...néreux!

    Les camps de l'art dehors

    Mentorat professionnel

    Gala Forces AVENIR

    La relève présente ses travaux

    Centre de design

    Futurs enseignants en arts venus de France

    VITE LU

    Titres d'ici
    Titres d'ici


    Système mondial

    Professeur au Département de science politique, Daniel A. Holly, dans son plus récent ouvrage, s'intéresse à l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI). Quel est le sens profond des activités de cette organisation internationale et quels sont les rapports existant entre ses activités et la production du système mondial? Voilà brièvement résumée l'interrogation principale à laquelle tente de répondre l'auteur. Dans un premier temps, sont retracées les origines de cette institution spécialisée dont le principal objectif est « de promouvoir et d'accélérer le développement industriel dans les pays en développement en vue de contribuer à l'instauration d'un nouvel ordre économique international ». Les luttes qui ont entouré sa création et les grands traits de l'institution sont ensuite évoqués. Suit un examen des stratégies et des politiques adoptées au fil des ans par l'ONUDI. L'organisation a-t-elle été à la hauteur de sa tâche? Quelles difficultés a-t-elle dû surmonter? Quels résultats ont été atteints? Quel pronostic peut-on faire quant à son avenir? Autant de préoccupations de l'auteur intégrées dans une réflexion plus large sur le rôle des organisations internationales comme instrument de régulation du système mondial. L'ONUDI (1967-1995). L'Harmattan.



    Du bécot au cyberbaiser

    Selon le livre Guiness des records, le plus long baiser de tous les temps revient à Eddie Levine et Delphine Crha pour une durée de 17 jours, 10 heures et 30 minutes!!! Pour leur part, Denise Medico-Vergriete, de la maîtrise en sexologie, et Joseph J. Lévy, professeur au même Département, ont consacré à ce geste vieux comme le monde pas moins de 160 pages - un autre record? -, le tout à partir d'entrevues et de documents ethnologiques, historiques, littéraires et religieux. Paru chez Stanké, Le Baiser s'intéresse à la façon dont les individus en font l'expérience concrète - des frottements de nez des Inuit jusqu'au french kiss - ainsi qu'à la manière dont ils l'intègrent à leur vie intime et érotique. Dans un premier temps, l'ouvrage traite des représentations du baiser au sein des sociétés traditionnelles et des grandes civilisations. Ensuite, un deuxième voyage est proposé, cette fois au sein de la société occidentale, de la fin du Moyen Âge jusqu'à l'âge d'or d'Hollywood. Puis, à partir d'entretiens, les auteurs se penchent sur les expériences liées au premier baiser chez des étudiants universitaires. Leurs représentations actuelles du baiser, ainsi que la signification et le rôle de ce geste dans leur vie, sont aussi analysés. Enfin, pour demeurer branché, les modalités virtuelles du baiser sont explorées.



    D'un siècle à l'autre

    Que l'on pense aux jeux de rôles donjons et dragons, aux manifestations culturelles telles que les Médiévales, ou encore à des films à succès comme Les visiteurs, Le nom de la rose ou La messagère, le Moyen Âge semble susciter un engouement certain chez nos contemporains. Et il semble en aller de même de la Renaissance. Entre la lumière et les ténèbres, un recueil de onze articles paru sous la direction de Mme Brenda Dunn-Lardeau et auquel plusieurs professeurs et étudiants de l'UQAM ont collaboré, explore justement quelques-uns des aspects de la présence de ces deux grandes périodes historiques dans la culture des XIXe et XXe siècles. Au nombre des questions soulevées : Quel sens attacher à la transposition dans la culture contemporaine des monuments culturels passés provenant de la littérature, de l'architecture, des arts visuels ou de la musique? Dialogiste entre les siècles où le savoir historique, qu'il soit reproduit à l'aide de stéréotypes ou non, réhabilité, critiqué ou réinventé, devient un matériau qui se moule à une infinité de propos. « Le Moyen Âge comme la Renaissance, d'écrire Mme Lardeau, s'imposent comme de puissantes métaphores de la condition humaine inexorablement fascinée autant par la lumière que les ténèbres de sa nature profonde, hier comme aujourd'hui ». Éditions Honoré Champion.



    Ni Dieu ni maître

    Qu'est-ce qu'un anarchiste? C'est un nihiliste? un partisan du chaos? un terroriste? Rien de tout cela, affirme Normand Baillargeon, professeur au Département des sciences de l'éducation et auteur d'un petit ouvrage intitulé simplement Anarchisme. Pour l'auteur, l'anarchisme ne signifie ni confusion ni désordre, mais admet qu'il y a d'autres ordres possibles que celui qu'impose une autorité. Les anarchistes, d'ailleurs, insistent constamment sur cet aspect anti-autoritariste de leur théorie, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. « Je suis anarchiste : c'est que je n'aime ni recevoir, ni donner des ordres », déclarait une ancienne combattante de la Guerre d'Espagne rencontrée par l'auteur. L'ouvrage permet de se familiariser avec les traditions, les auteurs et les événements qui ont ponctué l'histoire de l'anarchisme. Une première partie est consacrée aux racines de l'anarchisme, à un survol de ses principaux théoriciens et à ses faits les plus marquants. Enfin la deuxième partie traite des positions défendues par l'anarchisme sur une grande variété de sujets : économie, éducation, éthique, écologie, médias, etc. Anarchisme dites-vous? « Il a été et doit, à mes yeux, demeurer une école d'espérance, de rationalité et d'humanisme ». Publié chez L'île de la tortue, éditeur, collection Les Élémentaires - Une encyclopédie vivante



    Sexologie

    Ce numéro de la Revue sexologique (vol. 6, no 2) constitue le second volet d'un important dossier portant sur les rapports qui se tissent entre l'agressivité, la violence et la sexualité. Dans cette publication, la violence sexuelle est étudiée en relation avec à peu près tous les groupes d'âge : des enfants d'âge préscolaire aux étudiants universitaires. Quant aux adultes, ils ne sont pas en reste puisque l'expression de la violence au sein de la cellule conjugale est également abordée. Parmi les articles proposés, on retrouve, notamment, une analyse comparative des programmes de prévention des abus sexuels destinés à de jeunes enfants. Une autre étude s'intéresse aux courriéristes des journaux populaires qui ont longtemps endossé le rôle d'éducateur sexologue en répondant aux victimes d'inceste. Les résultats de deux recherches, l'une sur la violence sexuelle subie par des élèves du secondaire, l'autre sur le harcèlement sexuel parmi des étudiants universitaires, figurent également au menu. Enfin, les caractéristiques sexologiques de conjoints violents, de même que les conséquences psychologiques relevées chez les femmes ayant subi une agression sexuelle, comptent parmi les thématiques abordées par les collaborateurs. Publié par l'UQAM - Éditions I.R.I.S.



    Art contemporain

    À quoi sert l'art contemporain? À qui s'adresse-t-il? Comment en déchiffrer et en comprendre les oeuvres? Qu'est-ce qui les rend possibles? Telles sont quelques-unes des questions que soulève L'art qui nous est contemporain, un essai rédigé par Rose-Marie Arbour, historienne de l'art et professeure associée à l'UQAM.

    Depuis plusieurs années, en Amérique du Nord comme en Europe, il est arrivé souvent que des débats et des querelles éclatent sur l'art contemporain, sur sa légitimité, son intelligibilité ou, tout simplement, sur la question « pourquoi en faire? ». Et ce d'autant plus quand on sait combien nos société sont marquées par l'économisme et la surabondance de l'information. Si les questions sont semblables un peu partout, nous dit l'auteure, les réponses, quant à elles, sont liées aux contextes particuliers des lieux où elles se posent et où l'art contemporain se manifeste. Ainsi, il y a, au Québec, un espace culturel et intellectuel particulier, structuré par des traditions, des argumentations mais aussi par des préjugés propres. Cet essai n'a rien d'un bilan exhaustif. Il constitue plutôt une réflexion à bâtons rompus sur l'art contemporain, ses institutions, ses relations avec le public et son rôle social. Bref, il peut être un outil pour éclairer, même partiellement et ponctuellement, certains états et conditions de l'art qui nous est contemporain. Publié aux éditions Artextes.



    Modes d'apprentissage

    Denis Bertrand et Hassan Azrour, professeur et chargé de cours au Département d'organisation et ressources humaines, sont les auteurs d'un ouvrage portant sur l'acquisition et le développement des compétences transversales, « indispensables à la réussite scolaire et professionnelle ». Intitulé Réapprendre à apprendre, au collège, à l'université et en milieu de travail, ce manuel s'adresse d'abord aux étudiants du collégial et du premier cycle universitaire, mais aussi à tous ceux qui veulent mieux comprendre le fonctionnement de leurs facultés intellectuelles afin de les exploiter davantage pour améliorer leur capacité d'apprendre, de communiquer et d'innover.

    La première partie est consacrée aux fondements de l'apprentissage stratégique et créatif : méthodes d'appréhension de la réalité et de l'information, théories de la communication, résolution de problèmes, théories de la créativité, etc. Quant à la seconde, elle vise à fournir l'occasion d'apprendre concrètement à gérer de façon plus efficiente et agréable les activités intellectuelles quotidiennes : gestion du temps et des équipes de travail; gestion de la lecture, de la prise de notes et de la documentation; ou encore gestion des travaux scolaires et professionnels, des présentations orales et des examens sous toutes leurs formes. Publié aux éditions Guérin.



    Le vertige suicidaire

    Dans sa dernière livraison, Frontières (vol. 12, no 1) aborde, selon une diversité d'éclairages, cette « anticipation de l'inéluctable » que constitue le phénomène du suicide. Quelles combinaisons d'événements, au cours d'une vie, sont susceptibles d'engendrer un risque de passage à l'acte? Quelles sont les composantes de la dynamique qui mène de plus en plus de jeunes à poser des gestes suicidaires? Qu'en est-il du suicide chez les aînés? Que disent les textes fondateurs du judaïsme et du christianisme au sujet du suicide? Voilà quelques-unes des questions abordées dans les articles de fond qui composent ce numéro intitulé Suicides, générations et culture. Outre des données statistiques et des résultats de recherches portant sur la mortalité par suicide, on y retrouve plusieurs articles traitant de l'intervention et de la prévention. Enfin, une question d'importance « Comment comprendre la hausse des suicides au Québec? » a été posée à quelques « éclaireurs » dont la dramaturge Jovette Marchessault, le peintre et écrivain Sergio Kokis et la directrice de l'IREF, Micheline De Sève. Bref, un numéro offrant une pluralité de visions sur ce geste extrême que Frontières, fidèle à son habitude, situe au coeur même des manifestions de la vie. Une publication du Centre d'études sur la mort/UQAM.



    Sciences économiques

    Le néolibéralisme, tel est le titre d'un petit ouvrage, exposé synthétique de ce courant de pensée et de politiques économiques, écrit par Louis Gill, professeur au Département des sciences économiques. Pour l'auteur, le néolibéralisme s'est implanté à partir de la fin des années 1970 en Grande Bretagne et aux États-Unis, pour se généraliser à l'échelle mondiale aux cours des deux décennies suivantes et régner dès lors en maître absolu, prétendant soumettre toute l'activité économique et sociale aux seules lois du marché. Libéralisation complète des échanges de marchandises et des mouvements de capitaux, rationalisation, flexibilité du marché du travail, globalisation, rôle minimal de l'État, hégémonie du secteur privé et déréglementation, tels sont les grands mots d'ordre du néolibéralisme, soutient Louis Gill. Mais, ajoute ce dernier, ce sont là aussi les préceptes du libéralisme économique classique. Alors pourquoi parler de néolibéralisme? D'abord, affirme l'auteur, parce qu'il s'agit bien d'un retour au libéralisme après quatre décennies d'interventionnisme étatique. Ensuite, parce que ce libéralisme est d'un type nouveau car il se déploie dans le champ d'une économie dont la mondialisation est désormais achevée. Publié par la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.



    L'avenir de la gauche

    Profondément affaiblie et divisée, apparemment réduite à l'impuissance et à l'insignifiance politiques, la gauche québécoise serait-elle en voie de disparition? Voilà la question qui sert de fil conducteur à Jacques Pelletier, professeur au Département d'études littéraires, dans son plus récent recueil d'essais intitulé La gauche a-t-elle un avenir? Une interrogation qui, selon l'auteur, s'impose d'emblée, compte tenu du décalage ahurissant existant entre la réalité socio-économique désastreuse de notre société et sa traduction, totalement déformée, sur le plan politique institutionnel. Mais comment expliquer cette contradiction et, surtout, comment la dépasser? Dans cet ouvrage, Jacques Pelletier traite aussi de quelques enjeux majeurs dans la conjoncture intellectuelle du Québec actuel : le « révisionnisme » dans l'interprétation de cette société et de son évolution depuis la guerre, le statut et la fonction de l'intellectuel, ou encore le rôle de la recherche dans la nouvelle économie du savoir. Autant de problèmes abordés à travers la figure de quelques auteurs marquants, dont Hermann Broch, André Laurendeau et Pierre Vallières. Des intellectuels qui, chacun leur manière, se sont confrontés à leur époque, tentant de la comprendre, mais aussi et surtout de la transformer. Aux éditions Nota bene.



    Histoire

    La dernière livraison du Bulletin d'histoire politique (vol. 8, nos 2-3), consacrée en grande partie à l'histoire militaire, veut faire la preuve que l'on peut s'intéresser à ce sujet sans aborder ni l'histoire régimentaire ni celle de la crise de la Conscription au Canada. Autre objectif? Montrer qu'il est possible d'en faire une histoire passionnante et vivante sans pour autant recourir à la technologie hypersophistiquée si prisée à Hollywood! Ainsi s'expriment Andrée Laprise et Robert Comeau, responsables de ce dossier thématique intitulé « L'histoire militaire dans tous ses états ». On y retrouve des textes de jeunes historiens qui, semble-t-il, sont de plus en plus nombreux à s'intéresser au sujet. Quant aux thèmes abordés, ils sont des plus diversifiés, allant de L'infrastructure de la guerre dans l'Europe de l'âge classique à L'expérience de guerre des infirmières militaires canadiennes pendant la Première Guerre mondiale en passant par L'importance stratégique des Sept-Nations du Canada entre 1650 et 1860. Figurent également, dans ce numéro, un dossier sur Origine et sens de 1837 ainsi qu'un débat à propos du livre de Gilles Paquet Oublier la Révolution tranquille, pour une nouvelle socialité. Enfin, le débat autour des Orphelins de Duplessis fait l'objet de la réflexion éditoriale. Édité par l'Association québécoise d'histoire politique et Comeau & Nadeau.



    Télédétection

    Robert Desjardins, professeur au Département de géographie vient de faire paraître l'ouvrage intitulé La télédétection : perspective analytique. Il y expose sa vision de la télédétection en tant qu'outil technique servant à mieux connaître et à mieux comprendre la Terre. L'ouvrage s'adresse à tout individu qui se préoccupe d'appréhension et de compréhension de l'organisation spatiale dans une perspective de gestion et de surveillance du territoire. « Surveiller la Terre signifie ici que nous devons nous préoccuper de développement en prenant conscience que toutes les ressources naturelles ne sont pas inépuisables et que l'activité humaine sur le milieu naturel doit être empreinte d'un souci d'équilibre entre les besoins et les ressources ». L'auteur traite d'abord de considérations historiques essentielles à la compréhension de la réalité d'aujourd'hui en télédétection. Par la suite, il tente d'en saisir les assises théoriques tout en voulant sensibiliser le lecteur à son objet d'études prioritaire : la Terre. Une partie plus technique porte aussi sur les moyens utilisés pour le traitement de l'information acquise par télédétection, et une vision critique de l'outil est présentée en conclusion. À noter que MM. Jean-Marie Dubois et Gilles Lemieux, professeurs aux départements de géographie et de télédétection de l'Université de Sherbrooke et des sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi, ont collaboré à cette publication. Aux éditions ESTEM, collection Universités francophones.



    La retraite comme mise au monde

    Chaque jour, au Québec, 200 personnes prennent leur retraite ou leur préretraite. Mais comme l'écrivait La Rochefoucauld, Peu de gens savent être vieux. Ce qui pourrait être une occasion de donner un second souffle à sa vie devient plutôt une étape synonyme de déclin, marquée par des problèmes de pauvreté et de marginalisation. Dans L'âge dort? Pour une retraite citoyenne, un essai critique publié chez Boréal, le professeur Jean Carette (travail social), passe au crible la façon dont notre société perçoit le troisième âge. Tirant à bout portant sur les mythes et les préjugés qui entourent la retraite et le vieillissement, l'auteur livre une réflexion originale, teintée d'humour et de tendresse, ancrée dans la réalité et pleine d'espoir. Puisqu'il veut en finir avec l'âgisme malsain, la ségrégation et le «prêt-à-porter gérontologique politically correct », le spécialiste en gérontologie ne fait pas dans la dentelle. Mais de la colère naît une conception de la gérontologie originale et innovatrice, débarrassée de ses vieux oripeaux idéologiques, une sociologie du vieillissement qui embrasse toute la durée de la vie. Un livre qui dit non et assez à l'atrophie, à l'exploitation, au gâchis, qui déjoue les conforts provisoires et ouvre d'autres voies et d'autres libertés.