Volume XXVI Numéro 4, 25 OCTOBRE 1999
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LES ARCHIVES
LA UNE

Plan d'action du Vice-rectorat à la formation

L'ACDI injecte 4,7 M $ pour un réseau en gestion au Viêt-Nam


SOMMAIRE DU NUMÉRO

Plan d'action du Vice-rectorat à la formation
« C'est maintenant que le vrai travail commence ! »


L'ACDI injecte 4,7 M $ pour un réseau en gestion au Viêt-Nam

Vers de nouvelles pratiques d'aménagement forestier

COLLOQUES
Regards sur une oeuvre de Gény
La régulation de la formation professionnelle

Une pléiade d'activitésau CIRADE

Séjours d'études en France

Formation de juristes au Rwanda

Nouveau partenariat Industrielle Alliance et ESG

Don de 500 000 $ de Quebecor à la Fondation

Prédire les changements climatiques ?

Chaire Téléglobe Raoul-Dandurand
Des conférenciers de prestige


Chaire Bombardier
Cinq bourses de recherche


Regain de popularité pour les universités

Délégation de cadres en mission de travail

Vive la retraite !

Pour mieux animer le campus

Soccer universitaire masculin

LETTRE À L'UQAM

VITE LU

SOUTENANCES DE THÈSE

Séjours d'études en France

Favoriser une autre vision du monde
Mme Anne Legaré, professeure au Département de science politique et ex-secrétaire générale du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise.
À l'heure où l'on ne cesse de parler de l'incontournable internationalisation des universités, qu'en est-il de la bonne vieille coopération franco-québécoise? S'il est vrai qu'un très large bassin de professeurs-chercheurs, de part et d'autre de l'Atlantique, continuent de participer à des échanges dynamiques, il semble que la relève n'est en rien assurée. En effet, alors que les jeunes Français viennent encore très nombreux au Québec, les étudiants québécois auraient, pour leur part, tendance à délaisser le Vieux Continent au profit des États-Unis. Cette situation n'est pas sans inquiéter la professeure Anne Legaré, qui vient de réintégrer ses quartiers au Département de science politique après avoir occupé le poste de secrétaire générale du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise (CCIFQ)1, fonction qu'elle assumait, à Paris, depuis 1996.

La France en perte d'attrait? Alors qu'elle codirigeait le CCIFQ, Mme Legaré a constaté qu'à l'heure actuelle, quelque 3 000 étudiants français, dont environ la moitié se prévalent de l'Accord CREPUQ2, seraient inscrits dans des universités québécoises. Or, on estime à seulement 500 le nombre d'étudiants québécois en France, un écart que ne suffirait pas à expliquer le seul poids démographique respectif des deux sociétés. « À l'époque où j'ai fait mes études, nous étions nombreux à partir pour la France. Aujourd'hui, nos universités émettent leurs propres doctorats, l'offre de bourses est moindre et les universités françaises se retrouvent en compétition avec les universités américaines. »

Sans pour autant dénigrer la formation made in USA, Mme Legaré déplore le fait que les futures élites québécoises soient moins enclines à effectuer des séjours d'études dans les pays d'Europe. « Nos étudiants doivent se confronter à des sociétés qui ont un poids historique très fort, des niveaux d'exigence élevés et une capacité réflexive avancée. [...] Étudier en France c'est bien sûr bénéficier d'une qualité incomparable en matière de recherche scientifique, mais c'est aussi pouvoir sortir de la vision instrumentaliste et utilitariste du monde, qui règne en Amérique du Nord ».

Promouvoir des séjours d'études en France Selon Mme Legaré, la France pourrait être davantage proactive, en rétablissant par exemple les systèmes de bourses pour les étudiants québécois. Elle considère toutefois que les universités et les professeurs d'ici ont aussi un rôle à jouer pour faire connaître les programmes existants. « Est-ce que tous les étudiants de l'UQAM savent qu'ils peuvent bénéficier des ententes sur les cotutelles de doctorat qui leur permettent d'obtenir un diplôme à la fois français et québécois? Les étudiants des trois cycles connaissent-ils les avantages liés à l'Accord CREPUQ ? ». Enfin, bien que Mme Legaré se réjouisse que l'UQAM soit une destination de choix pour beaucoup d'étudiants français - au CCIFQ, pour l'année 98, près du tiers des bourses doctorales de court séjour au Québec ont été décernées à des étudiants ayant choisi l'Université comme établissement d'accueil -, elle déplore le fait que les étudiants de doctorat de l'UQAM comptent parmi ceux qui postulent le moins au programme de bourses offert par le même Centre pour réaliser un court séjour d'études en France. Pour changer les choses, la professeure envisage mettre elle-même l'épaule à la roue, notamment en créant une structure québécoise qui viserait, éventuellement, à mieux faire connaître les programmes, les enjeux et les résultats de la coopération franco-québécoise.

1. Le CCIFQ joue un rôle de « valorisation des échanges universitaires franco-québécois ». À titre d'exemple, le Centre offre un soutien logistique aux chercheurs intéressés à développer des travaux en commun; il agit comme lieu d'accueil, d'information et de soutien auprès des jeunes Français qui désirent poursuivre leurs études au Québec; il offre un programme d'aide aux québécois souhaitant réaliser un court séjour d'études doctorales en France.

2. En 1998, 165 établissements français étaient signataires de l'Accord CREPUQ, lequel permet aux étudiants des trois cycles de séjourner pendant un semestre ou une année dans une université française ou québécoise, tout en obtenant leur diplôme de leur université d'origine.