Volume XXVI Numéro 6, 29 NOVEMBRE 1999
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LA UNE

Recherches novatrices pour le traitement du cancer !

Trente ans de géographie

Nouveau Laboratoire IBM-ESG


SOMMAIRE DU NUMÉRO

Recherches novatrices pour le traitement du cancer !

Trente ans de géographie

Nouveau Laboratoire IBM-ESG

Faculté de science politique et de droit
Un seul candidat brigue les suffrages


Le virage ambulatoire sur l'autoroute de l'information

Doctorat honorifique à Pierre Angers

Mondialisation et démocratie

Maîtrise en finance appliquée

Bac en urbanisme

« La vie avant les profits »

Les réseaux socioprofessionnels, un gage de solidarité

Trouble panique avec agoraphobie

Des services psychologiques pour la population

La tragédie de Poly toujours présente à la mémoire

Loi sur le tabac

Bogues sous surveillance

Pour inculquer le goût de l'art

30 bourses d'entrée en psychologie

Campagne Centraide

5e Gala des Prix Émergence

Prix Alcide-Ouellet

Calendrier de l'an 2000

Conférences en philo

Dix ans d'architecture israélienne

VITE LU

Trouble panique avec agoraphobie

Des chercheurs expérimentent un traitement combiné
M. Claude Bélanger, professeur au Département de psychologie et directeur du Centre de services psychologiques (voir texte suivant).
Le trouble panique avec agoraphobie (TPA) est un problème psychosocial fort coûteux pour l'individu qui en souffre, sa famille et la société. Caractérisé par des crises de panique récurrentes et par l'évitement des situations qui s'y rattachent1, ce problème souvent non diagnostiqué touche près de 5 % de la population. Afin d'évaluer l'impact d'une intervention psychosociale combinée à un traitement thérapeutique traditionnel sur des personnes souffrant du TPA, le Conseil québécois de la recherche sociale (CQRS) a accordé une subvention de 73 000 $ sur deux ans à une équipe de chercheurs de l'UQAM, de l'hôpital Douglas et de l'hôpital Louis-H. Lafontaine2.

Vers des études plus concluantes
« L'incapacité de travailler, la dépendance financière et la surutilisation des services de santé chez les gens souffrant de troubles anxieux s'avèrent plus marqués qu'ils le sont, en moyenne, pour les autres troubles mentaux, explique le professeur du Département de psychologie Claude Bélanger, responsable de la recherche. Or le taux de succès de la thérapie la mieux documentée et la plus efficace à ce jour, soit le traitement cognitivo-comportemental (TCC)3 n'est que de 66 %. Le taux de récidive est assez élevé, autour de 25 %. » Les problèmes relationnels, interpersonnels et familiaux comptent parmi les facteurs de risque importants en ce qui a trait au déclenchement et au maintien du TPA. Cependant « jusqu'ici, pour des raisons méthodologiques et conceptuelles, les études sur le rôle de l'interaction conjugale dans l'étiologie et le traitement du TPA sont peu concluantes et ont donné des résultats partagés », note M. Bélanger.

C'est dans ce contexte que la recherche s'inscrit. Il s'agit de comparer l'effet du traitement traditionnel (TCC) seul, avec celui d'un traitement combinant le TCC et une intervention conjugale axée sur la communication dans le couple. Afin de résoudre les problèmes méthodologiques antérieurs, les chercheurs introduisent la distinction, au départ, entre couples maritalement dysfonctionnels et fonctionnels et l'ajout de l'observation directe des comportements de résolution de problème en situation de conflit dyadique. Les participants sont des personnes souffrant du TPA qui vivent en couple. Ils sont recrutés à partir des listes d'attente du module de thérapie béhaviorale de l'hôpital Louis-H. Lafontaine et de la clinique des troubles anxieux de l'hôpital Douglas. Le traitement est expérimenté dans les deux sites et implique une série de 12 à 14 rencontres hebdomadaires de trois heures chacune, animées par deux thérapeutes d'expérience.

Les patients sont répartis en deux groupes, le premier recevant le TCC seulement, l'autre le traitement TCC combiné à une thérapie conjugale en groupe. Le projet vise, entre autres, à optimiser le traitement du TPA en contrecarrant l'effet négatif potentiel du dysfonctionnement marital et à proposer une façon d'évaluer l'impact de la relation conjugale et le traitement de ses dysfonctions.

Les personnes qui pensent être atteintes du TPA, ont entre 18 et 45 ans, vivent en couple depuis au moins un an et désirent obtenir une évaluation gratuite afin de possiblement participer à l'étude sont priées de composer le 987-3000, poste 1777.

1. L'attaque de panique consiste en un épisode de peur ou d'inconfort intense, limité dans le temps, dans lequel l'on retrouve au moins quatre symptômes parmi les exemples suivants : palpitations cardiaques, sueurs, tremblements, sensation d'étouffement ou d'étranglement, douleur thoracique, nausées, sensations de vertige, d'instabilité ou de tête vide, sentiment d'irréalité, peur de perdre le contrôle, de devenir fou ou de mourir, sensations de fourmillements ou d'engourdissement. Lorsque les crises se répètent, que l'appréhension des personnes se focalise sur certaines situations spécifiques (peur des grands espaces, de la foule, des transports en commun, etc.) qu'elles cherchent alors à éviter, on parle de trouble panique avec agoraphobie.

2. L'équipe comprend le professeur Claude Bélanger du Département de psychologie, chercheur responsable, le professeur du même département André Marchand, le professeur associé à l'hôpital Douglas Michel Perreault et les psychiatres Nicole Mainguy de l'hôpital Louis-H. Lafontaine et John Pecknold, de l'hôpital Douglas.

3. Le TCC intègre des stratégies comportementales et cognitives telles la transmission d'informations sur le TPA, la démystification des symptômes et des peurs associés aux attaques de panique, la rééducation respiratoire, l'exposition aux stimuli intéroceptifs, l'exposition in vivo graduée et prolongée aux situations évitées, la restructuration cognitive.