Numéro 10,
27 janvier 1997


Vice-rectrice aux ressources humaines pendant cinq ans

Denise Lanouette quitte l'UQAM fière d'y avoir fait carrière


Denise Lanouette, qui fut 20 ans à l'UQAM, est assurée que l'institution traversera sans y laisser son identité les années à venir difficiles pour toutes les universités québécoises. "Comme toujours, nous avons pris les devants et commencé à imaginer même à faire les choses autrement."

Au moment de quitter l'Université, Denise Lanouette affiche une belle sérénité. "J'ai le sentiment, dit-elle, que le temps est venu pour moi de prendre ma retraite. J'ai 55 ans, je travaille depuis l'âge de 17 ans. Je n'ai jamais cessé de courir après le temps. Le temps de faire du chant et du piano, de lire, de regarder passer les saisons. L'UQAM m'a permis de faire une carrière extrêmement intéressante. Je pars heureuse et pleine de reconnaissance pour une institution que j'ai beaucoup aimée et me l'a bien rendu."

Comment cette femme, d'évidence en grande forme, qui vient de terminer un mandat de cinq ans comme vice-rectrice aux ressources humaines, et qui avoue avoir toujours cherché et accepté les défis ("je n'ai jamais occupé longtemps les mêmes fonctions"), pourra-t-elle rester sans responsabilité professionnelle?

Cette question l'amuse. Plusieurs, explique-t-elle, se montrent étonnés de cette décision de me retirer du monde du travail proprement dit. On a du mal à me voir chez moi, sans équipe à coordonner, sans dossier à finaliser, sans réunion où discuter. On croit que j'aime trop être en groupe, que je m'ennuierai. Et moi, je pense sincèrement que je serai heureuse dans ma nouvelle vie."

Pas tout à fait la clé des champs
Si Denise Lanouette dit vouloir se retirer dans ses terres, il faut bien comprendre ce qu'elle entend par là. Elle vient de s'inscrire à un séminaire en informatique. "Enfin, j'aurai les semaines qu'il faut pour me familiariser avec cette nouvelle technologie." Ensuite, elle dit vouloir renouer avec le milieu des arts et de la littérature. Et quoi encore?

"Beaucoup d'amis m'ont approchée pour que je m'investisse dans le bénévolat. Ce qu'on me demande ressemble plus à du boulot qu'à une partie de plaisir. Je vais réfléchir, me reposer d'abord. Prendre trois mois de vacances cet été, ce que je n'ai pu faire de toute ma vie."

Un parcours inédit
Denise Lanouette a connu à l'UQAM un parcours singulier. Entrée en 1977, elle est la seule personne - sauf erreur - à être passée d'employée de soutien (professionnelle attachée au service de l'admission du registrariat, puis coordonnatrice du centre d'études universitaires de Saint-Jean-sur-Richelieu), à cadre (adjointe au vice-recteur à l'enseignement et à la recherche, doyenne adjointe à la gestion des ressources, doyenne de la gestion des ressources), à officier supérieur de l'Université (vice-rectrice aux ressources humaines). "Ce cheminement dans les instances m'a permis de mieux comprendre et mieux gérer les dossiers qui furent les miens, particulièrement au cours des neuf dernières années."

Lors d'une fête informelle pour marquer son départ, à peu près tous les groupes uqamiens étaient présents, dont des gens des syndicats avec qui elle a beaucoup travaillé ("jamais je n'ai eu de conflits majeurs avec eux... peut-être parce que je les aimais beaucoup). Pas étonnant qu'il se soit toujours fait autour de son nom une unanimité flatteuse.