Numéro 10,
27 janvier 1997



Colloque international du GREF

La régénération en forêt boréale dans un contexte de foresterie durable


Le professeur Christian Messier


Le Groupe de recherche en écologie forestière (GREF), qui tenait son 6e colloque à l'UQAM les 9 et 10 janvier, a largement atteint les objectifs qu'il s'était fixés. Tel est l'avis de son directeur, le professeur Christian Messier, du département des sciences biologiques: "La raison d'être de ces rencontres annuelles est d'abord de promouvoir les travaux de nos membres: étudiants des 2e et 3e cycles, stagiaires post-doctoraux, professeurs et chercheurs de l'UQAM et d'autres universités québécoises et canadiennes, ainsi que d'organismes gouvernementaux." Or au fil des ans, note-t-il, le GREF a réussi à s'imposer comme groupe de recherche en écologie forestière, tant sur la scène nationale qu'internationale où il a acquis une certaine reconnaissance.

D'où l'ajout à la programmation du colloque, pour la deuxième année consécutive, d'un atelier d'envergure internationale sur un thème plus pointu, portant cette fois sur Les aspects fonctionnels de la régénération en forêt boréale dans un contexte de foresterie durable. Y ont participé, outre des chercheurs de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de l'Ontario et du Québec, des experts finlandais et américains. A noter le support financier du CRSNG, via son réseau de centres d'excellence sur la gestion durable des forêts.

Entre 80 et 120 personnes ont à cette occasion contribué à faire le point sur cette problématique. Leur but: "Dresser le portrait des différentes approches utilisées ainsi que des travaux de modélisation sur la régénération des espèces boréales arborescentes. Avec l'augmentation des besoins en développement durable et l'arrivée d'une foresterie plus "naturelle", la régénération naturelle prend, et prendra, une part croissante dans la stratégie de reboisement en forêt boréale puisqu'il est de plus en plus difficile d'utiliser des herbicides et hors de coût de penser à un désherbage manuel pour contrôler la végétation compétitrice. Cette réalité exerce une pression sur les aménagistes forestiers qui ont besoin d'une meilleure compréhension des facteurs physiques et biologiques qui affectent la croissance et la survie des arbres dans leur environnement naturel."

Selon le professeur Messier, la modélisation informatique prend de l'ampleur en écologie forestière puisqu'elle permet de faire des simulations sur des centaines d'années. Or la Finlande, justement, a développé une expertise importante sur le sujet. Lui-même vient par ailleurs d'obtenir une subvention du CRSNG (130 000 $) destinée à approfondir cette approche, avec une équipe de chercheurs d'autres universités québécoises et de Finlande. Le journal L'UQAM y reviendra dans une prochaine livraison.

Entre autres retombées de la rencontre des 9 et 10 janvier, conclut Christian Messier, il faut signaler les liens créés entre étudiants, chercheurs et intervenants du Québec et d'ailleurs oeuvrant dans le domaine. Sans compter la parution prochaine, dans le Journal canadien de la recherche forestière, d'un dossier destiné à faire le tour des questions abordées lors de l'atelier, réalisé par les participants mêmes qui ont constitué, à cette fin, quatre groupes de travail.