Numéro 12,
24 février 1997


Communication, médias et santé des femmes

La guerre au cancer du sein passe aussi par la formation en région



Un projet de formation sur mesure, élaboré et offert cet automne à Montréal à la demande du RQSS (Réseau québécois pour la santé du sein), se concrétisera sous peu en région via les services aux collectivités de l'UQAM. Le titre: Communications publiques et santé du sein. Pour cet organisme sans but lucratif, il s'agissait entre autres de répondre aux besoins de ses membres - des femmes ayant été atteintes par cette maladie ou touchées par elle - qui, face aux exigences de la communication massmédiatique et la nécessité de sensibiliser la population aux problèmes qu'elles vivent, se sentent démunies. La clientèle visée? "Des combattantes, lit-on dans le projet, engagées socialement, voulant aider leurs concitoyennes à prévenir cette maladie mortelle, ou à améliorer leurs chances de guérison si elles en sont atteintes." En développant leurs habiletés de porte-parole, puis en communiquant ces habiletés à d'autres personnes de leur région, ces femmes contribueront à concrétiser la raison d'être du RQSS: sortir de l'isolement les victimes de la maladie, et changer la situation du cancer du sein au Québec.

Car cette situation n'est pas rose. En l996, au Québec seulement, on estime à 4 550 le nombre de nouveaux cas de cancer du sein. Une Québécoise sur neuf - et bientôt une sur huit - est atteinte. Et environ 1500 d'entre elles en mourront cette année. Or depuis cinquante ans, le taux de décès attribuable à cette maladie n'a aucunement diminué, malgré les progrès de la pharmacologie...

La formation sera donnée par la professeure Danielle Maisonneuve, du département des communications de l'UQAM; elle sera assortie d'un matériel multimédia original élaboré à l'intention du RQSS, et des documents écrits mis au point à cette fin lors de la session d'automne; le contenu du cours sera d'ailleurs pratiquement identique à celui que Mme Maisonneuve a alors offert à Montréal, conjointement avec le professeur Antoine Char du même département: on y avait enregistré un taux élevé de satisfaction chez les participantes. Au total, une quinzaine d'heures pour chaque formation sont prévues, réparties sur trois jours, d'abord dans la région de la Gaspésie/Bas-Saint-laurent (en mars) puis dans la région de Lanaudière (en avril). Notons que le projet est encadré par un comité composé, outre la professeure Maisonneuve, de Mme Huguette Martin, présidente du RQSS, et de Mme Lyne Kurtzman, agente de développement aux Services aux collectivités.