Numéro 12,
24 février 1997


Colloque le 13 mars l997

L'économie sociale peut-elle contribuer au développement d'un nouveau contrat social?


Le professeur Yves Vaillancourt.

Plus de quatre cent personnes sont attendues au colloque Nouvelles pratiques sociales 1997 qui se tiendra à l'UQAM le 13 mars prochain. C'est que le thème est d'actualité: L'économie sociale et les services sociaux et de santé: enjeux et perspectives. La rencontre s'adresse non seulement aux intervenants des organismes communautaires, des entreprises coopératives et du réseau des affaires sociales et de la santé, mais également aux professeurs, chercheurs et étudiants en intervention sociale. Les participants y trouveront bien sûr une occasion de s'informer sur cette réalité "à la fois ancienne et nouvelle" qu'est l'économie sociale, et sur son évolution. Mais surtout, ils seront invités à explorer les enjeux que soulèvent ces nouvelles pratiques pour l'emploi dans le réseau public, en particulier pour les femmes et les communautés locales. On y discutera entre autres, selon les organisateurs du colloque, "des conditions requises, et de la faisabilité de ces conditions, pour que l'économie sociale puisse contribuer au développement d'un nouveau contrat social plutôt que de constituer un faire valoir des politiques néo-libérales."

La rencontre est organisée par la revue Nouvelles pratiques sociales (NPS) (département de travail social de l'UQAM) en collaboration avec la revue Économie et solidarités*, sous la responsabilité des personnes suivantes: Yves Vaillancourt, professeur au département précité et directeur de la revue NPS, Denis Bourque, coordonnateur au CLSC Jean-Olivier-Chénier, Linda Vallée, organisatrice communautaire au même CLSC et membre du Groupe de travail sur l'économie sociale (équipe technique), et Clément Mercier, professeur à l'Université de Sherbrooke.

Le secteur de l'économie sociale, écrivent-ils, regroupe les activités et les services fournis par les groupes communautaires et coopératifs; obéissant à une culture organisationnelle démocratique, ceux-ci sont voués à la poursuite d'objectifs sociaux destinés à répondre non pas aux critères de rentabilité marchande, mais aux seuls besoins des personnes. Or avec la crise de l'État-providence et la restructuration des économies nationales, l'économie sociale est désormais perçue comme une voie privilégiée pour combattre l'exclusion et la pauvreté, le Gouvernement du Québec allant jusqu'à en faire, dans la foulée du Sommet économique de l'automne, un volet important de sa stratégie de relance de l'emploi.

Cette approche est loin de faire l'unanimité: deux tendances se dessinent, alimentant tout un débat dans les milieux intéressés. Pour les uns, il s'agit d'une stratégie de récupération des initiatives communautaires par l'État, de nature à encourager la privatisation et la détérioration des services publics de même que la précarité des emplois. D'autres entrevoient plutôt un possible renouvellement des pratiques sociales, notamment au chapitre de la démocratisation des services et de l'organisation du travail; cette voie permettrait même au mouvement communautaire, à certaines conditions, d'offrir de meilleurs services, de créer des emplois de qualité et de contribuer au développement d'un nouveau contrat social. Mais, entre ces deux pôles, nombre d'intervenants sont encore en quête d'informations pertinentes et justes, aux prises avec des questionnements et des inquiétudes fondamentales sur la nature et la portée des changements en cours, et sur les enjeux pour l'avenir de la pratique sociale.

Ces préoccupations seront au coeur des échanges qui auront lieu le 13 mars, de 9h à 16h, dans la salle Marie-Gérin-Lajoie du pavillon Judith-Jasmin. Au programme, des conférences thématiques, des périodes de "réactions-réflexions" d'analystes invités, un panel sur trois expériences d'économie sociale, des séances plénières... Pour plus d'information, appelez le 987-3000, poste 4721.


  • * Cette revue internationale d'économie sociale est publiée par le Centre interdisciplinaire de recherches sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada). Autrefois dénommée "Coopératives et développement".