Numéro 13,
10 mars 1997


Au laboratoire d'oncologie moléculaire de l'UQAM

Importants travaux de recherche sur la résistance à la chimiothérapie anticancéreuse


M. Richard Béliveau, professeur-chercheur au département de chimie et biochimie de l'UQAM, et directeur du Laboratoire d'oncologie moléculaire, hôpital Ste-Justine/UQAM.

Une équipe de chercheurs, dirigée par M. Richard Béliveau, bio-chimiste et professeur au département de chimie et biochimie de l'UQAM, travaille actuellement à mettre au point un test clinique permettant d'établir un diagnostic de résistance à la chimiothérapie, en particulier chez les enfants atteints de leucémie et souffrant de tumeurs cérébrales. L'objectif, de préciser M. Béliveau, est d'arriver à "sélectionner une nouvelle famille de médicaments en vue de neutraliser la résistance et donc de rendre la chimiothérapie plus efficace contre les tumeurs cancéreuses".

Ce projet de recherche sera financé, au cours des deux prochaines années, par la société Labopharm Inc. qui, en vertu d'un accord de licence conclu récemment avec l'UQAM et auquel est annexé un contrat de recherche, s'est engagée à verser une somme de 300 080 $ destinée, entre autres, à l'acquisition d'équipements, aux produits d'analyse, à l'embauche d'un professionnel de recherche, etc. La firme Labopharm, établie à Ste-Thérèse, est une société publique spécialisée dans les domaines de la valorisation et de la commercialisation des innovations reliées au domaine pharmaceutique.

M. Béliveau tient à souligner que cet important projet s'inscrit dans le prolongement de travaux de recherche amorcés il y a huit ans et qui portaient sur l'analyse des mécanismes par lesquels les tumeurs cancéreuses se défendent contre les traitements de chimiothérapie. Les recherches, menées par le professeur Béliveau et ses collègues, avaient d'ailleurs permis de détecter la présence d'une protéine particulière, responsable de la résistance à la chimiothérapie, appelée "P-glycoprotéine". Celle-ci agit comme une pompe refoulante qui expulse des cellules toute substance étrangère indésirable, y compris les médicaments. Elle se retrouve dans les cellules cancéreuses du corps humain avec pour effet de protéger le cancer contre la médication.

Le but de la méthode de recherche que travaille à mettre au point l'équipe de M. Béliveau consiste, justement, à déterminer la quantité de "P-glycoprotéine" présente dans un échantillon de tissu humain provenant de biopsies, et ce afin de permettre l'établissement du diagnostic de résistance aux médicaments anticancéreux pour le traitement chimiothérapeutique. L'équipe de recherche, qui oeuvre en collaboration avec des médecins de l'hôpital Ste-Justine de Montréal, regroupe une dizaine de personnes, dont des étudiants de maîtrise et de doctorat de l'UQAM.

Selon l'accord de licence intervenu entre Labopharm et l'UQAM, celle-ci accordera à Labopharm la licence exclusive et mondiale de fabriquer, faire fabriquer, utiliser et vendre la nouvelle technologie de base portant sur la détermination de la résistance à la chimiothérapie, ainsi que tout produit dérivé (conçu et fabriqué en application de la technologie). L'Université, en contrepartie, devient l'unique propriétaire de tous les droits de propriété intellectuelle, présents et futurs, de cette technologie.