Numéro 14,
24 mars 1997


Au laboratoire de neuroscience de la cognition

De la recherche de pointe sur les mécanismes cérébraux du traitement de l'information


M. François Richer, professeur au département de psychologie et directeur du LNC

Au laboratoire de neuroscience de la cognition (LNC) à l'UQAM, une équipe de chercheurs dirigée par M. François Richer, professeur au département de psychologie et directeur du LNC, mène des recherches sur la problématique du mode de contrôle, volontaire ou intentionnel, des actions. Un mode de contrôle dont on connaît encore mal le fonctionnement.

L'équipe du professeur Richer, dont les travaux ont débuté il y a cinq ans, s'intéresse plus spécifiquement à des gens qui ont subi des dommages dans la partie avant du cerveau (le lobe frontal), entraînant ainsi des pertes cellulaires et engendrant, surtout, des problèmes de contrôle volontaire des actions. Les causes de ces lésions, explique M. Richer, peuvent être nombreuses: accident d'automobile, accident cérébro-vasculaire, épilepsie, etc,. D'autres personnes peuvent également présenter des symptômes similaires, comme certaines personnes âgées, des grands déprimés ou encore des gens atteints de la maladie de Parkinson.

Plusieurs de ces personnes manifestent fréquemment dans leur vie quotidienne ce que M. Richer appelle "des troubles de l'attention dirigée vers une action, donc une action volontaire", comme le fait, par exemple, de ne plus se rappeler d'un geste que l'on voulait faire ou que l'on vient de commettre. Des personnes, enfin, qui peuvent aussi éprouver des difficultés à planifier des actions ou à conserver en mémoire plus d'une chose à la fois, et ce de manière ordonnée.

Il semble, d'expliquer M. Richer, que le lobe frontal, lequel représente le tiers avant du cerveau, jouerait, en raison de ses fonctions de commande et de coordination, un rôle critique, mais encore peu connu, dans le contrôle volontaire des actions.

L'équipe du LNC a travaillé à mettre au point une série de protocoles expérimentaux relatifs, notamment, aux mécanismes de contrôle des décisions ou encore portant sur des mouvements de pointage vers un objet. Jusqu'à maintenant, précise M. Richer, on avait des indices cliniques d'un contrôle volontaire endommagé qu'on arrivait mal à quantifier ou à cerner sur une base systématique. Mais des tests ont permis de comprendre de façon plus précise et plus spécifique certains aspects de la problématique du contrôle volontaire. Ces expériences, qui se poursuivront dans les mois à venir, visent, souligne M. Richer, à mettre en évidence les bases cérébrales de la dissociation entre nos modes de contrôle automatique (marcher, manger, conduire une voiture) et volontaire des actions.

L'importance d'une telle recherche, financée entre autres par le Conseil de recherche médicale, un organisme fédéral, et le FCAR, réside non seulement dans le fait qu'un nombre important de personnes sont affectées par ce type de problèmes, mais aussi dans les perspectives intéressantes qu'elle offre en matière de programmes de réadaptation.

Rappelons, en terminant, que les différentes équipes de recherche du LNC travaillent principalement dans les domaines suivants: la neuropsychologie de la parole et du langage, la sélection et le contrôle des réponses, la localisation des réponses neuroélectriques et les aspects psychopharmacologiques du traitement de l'information.