Numéro 14,
24 mars 1997


L'aménagement du temps de travail

Comment concilier vie personnelle et exigences professionnelles?


Dans l'ordre habituel: Mmes Ginette Legault, professeure au département des sciences administratives et Lucie Fleury, étudiante au MBA-recherche, profil gestion des ressources humaines et relations du travail.

L'aménagement et la réduction du temps de travail font couler beaucoup d'encre. Pourtant que fait-on vraiment pour répondre à la fois aux attentes des salariés et aux objectifs des institutions ? Selon Mme Ginette Legault, professeure au département des sciences administratives et membre du groupe de recherche interdisciplinaire en organisation du travail (GRIOT), il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Plusieurs bouleversements sociaux ont marqué le monde du travail au cours des dernières décennies. La féminisation de la main d'oeuvre et le vieillissement de la population font partie de ces bouleversements. Par ailleurs, jumelée au désengagement de l'État et à la désinstitutionnalisation des services de santé, la prise en charge des personnes en perte d'autonomie devient maintenant une préoccupation sérieuse pour un nombre croissant de travailleurs. Et que dire de la crise de l'emploi qui, depuis quelques années, s'ajoute à cette nouvelle situation.

Bien sûr, tous s'entendent pour assurer la qualité dans la prestation des services. Mais comment garantir une prestation de travail optimale lorsque l'incertitude, le stress et l'incompatibilité des exigences personnelles et professionnelles caractérisent le contexte de travail des salariés? Selon Mme Legault, la nécessité de concevoir et de réorganiser le travail autrement s'impose et passe par une remise en question fondamentale des règles du monde du travail en ce qui concerne la conciliation travail/vie personnelle, l'aménagement du temps de travail et la qualité de vie au travail en général. "Toutefois, insiste-t-elle, tout le processus doit passer par un changement de culture."

Étude exploratoire
Dans une étude réalisée pour la CEQ, Mme Legault, assistée de Marie Anik Aussant, a tenté de dégager les tendances d'une réalité vécue par les intervenants de quatre milieux: des enseignants d'une école primaire, des éducateurs en centre d'accueil, des employés de soutien et des salariés professionnels d'un établissement collégial. Cette recherche exploratoire aura permis de cerner un certain nombre d'aspects de l'horaire de travail qui posaient des problèmes aux salariés et de cibler les points jugés positifs dans leur contribution à l'atteinte d'un meilleur équilibre entre le travail, la vie personnelle et la vie familiale. Les éléments de l'horaire qui sont perçus comme étant des facteurs nuisibles ou favorables à la qualité des services aux usagers de même qu'à la lutte contre la précarité de l'emploi ont aussi été soulevés. Selon Mme Legault, des études ultérieures sont toutefois souhaitables pour confirmer la nécessité de concevoir et de mettre en place des formes d'aménagement du temps de travail qui soient flexibles, adaptées et satisfaisantes pour tous.

À l'UQAM, que fait-on ?
Une enquête se prépare

Un accord de principe est intervenu entre la direction de l'UQAM et le syndicat des employés (SEUQAM) dans le but de mener une étude sur les pratiques liées à l'organisation du travail, dont l'aménagement du temps de travail. Cette enquête indépendante sera réalisée par une équipe de professeurs (Ginette Legault, Gilles Simard et Cataldo Zuccaro) avec le support d'une étudiante au MBA-recherche, Lucie Fleury. L'étude qui s'inscrit dans un programme de recherche du GRIOT, permettra de cerner les besoins et de faire le bilan des pratiques actuelles. Mme Fleury s'intéresse de façon particulière aux "mesures volontaires" implantées il y a environ deux ans pour permettre à l'Université de réaliser des économies. Très bientôt, les membres du SEUQAM seront invités à remplir un questionnaire pour ensuite le retourner à Mme Legault. Les données recueillies demeureront strictement confidentielles. Les résultats qui seront transmis à la direction et au syndicat ne permettront pas l'identification des répondants.