Numéro 15,
7 avril 1997


Recherche importante sur les facteurs favorisant la croissance et la survie de certaines espèces d'arbres


M. Christian Messier, professeur au département des sciences biologiques et directeur du GREF.

Au cours des cinq prochaines années, sous la direction de M. Christian Messier, professeur au département des sciences biologiques à l'UQAM et directeur du Groupe de recherche en écologie forestière (GREF)*, une équipe interdisciplinaire étudiera, selon divers processus de coupe, les facteurs agissant sur la croissance et la survie de certaines espèces d'arbres au Québec (feuillus du Nord), en particulier l'érable à sucre et le bouleau jaune.

Objectifs et importance de la recherche
Comme l'explique M. Messier, l'équipe, composée de chercheurs de l'UQAM et des universités McGill, Concordia et d'Helsinki en Finlande, vise à "développer un modèle permettant d'évaluer l'impact de différentes pratiques sylvicoles sur la survie et la croissance de ces espèces d'arbres". Par pratiques de sylviculture, il faut entendre les diverses méthodes d'exploitation rationnelle des arbres forestiers (conservation, entretien, régénération, reboisement, etc.) qui favorisent le renouveau de la forêt.

Le projet de recherche, qui revêt à la fois un intérêt du point de vue biologique et une importance sur le plan économique, permettra de définir de nouvelles lignes directrices en matière de coupe sélective dans les forêts de bouleau-hêtre-érable. Elles aideront les associations privées de terrains boisés et l'industrie du bois à mieux gérer ces ressources forestières. On espère ainsi fournir aux utilisateurs des données et des méthodes fiables sur lesquelles appuyer la sylviculture du bouleau jaune, une espèce menacée, ainsi que de l'érable à sucre, selon diverses catégories de coupe. On évaluera notamment, de préciser M. Messier, l'impact de la coupe jardinatoire (créer de petites trouées en forêt) sur la survie à long terme du bouleau jaune.

Les partenaires de la recherche
En collaboration avec la compagnie GESTOFOR Inc., La Forêt modèle du Bas-Saint-Laurent et le ministère des Ressources naturelles du Québec, le groupe de chercheurs tentera de quantifier la croissance de ces arbres selon diverses tailles, mais aussi de déterminer pourquoi certains survivent et d'autres meurent.

Afin d'obtenir ces données, l'équipe se servira d'un modèle existant, soit le modèle LIGNUM qui a été développé en Finlande, pays reconnu pour être un des leaders mondiaux en foresterie. Ce modèle, qui sera adapté, voire transformé, aidera à mieux comprendre et à prédire la croissance et la survie des jeunes arbres en tenant compte de facteurs essentiels tels que l'intensité de la lumière, la répartition de la biomasse, l'architecture de la cime, la pousse des racines et la biologie mycorizhée.

À noter que le projet de l'équipe du professeur Messier comptait parmi les meilleures propositions appuyées par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), dans le cadre de son concours Projets stratégiques de 1996-1997. L'équipe de chercheurs recevra, par année, 120 000 $ du CRSNG et 5 000 $ de la compagnie GESTOFOR. Quant au ministère des Ressources naturelles, il fournira aux chercheurs des sites expérimentaux.

Enfin, le gros de la recherche, explique M. Messier, s'effectuera dans la réserve écologique de Portneuf (nord de Québec) et dans la station expérimentale de Duchesnay appartenant au gouvernement du Québec.


  • * Les chercheurs du Groupe de recherche en écologie forestière (GREF), lequel est rattaché à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, abordent l'étude des ressources forestières à l'aide de théories et hypothèses écologiques les plus récentes. Leurs recherches fondamentales et appliquées se regroupent en fonction des axes suivants: processus dynamiques dans les écosystèmes forestiers; sylviculture et aménagement des forêts naturelles; amélioration, propagation et plantation d'essences forestières.