Numéro 15,
7 avril 1997


Projet-pilote à l'ADEESE-UQAM

Un Bureau d'aide en français pour les enseignants en herbe


Madame Ingrid Dammange.

Fin février, l'ADEESE-UQAM (Association des étudiantes et étudiants du secteur de l'éducation) inaugurait à l'intention de ses 6 000 membres un nouveau service de soutien et de perfectionnement du français: le BAF (Bureau d'aide en français). Trois ateliers regroupant un maximum de huit personnes ont ainsi été mis sur pied, abordant lors d'une série de dix rencontres hebdomadaires d'une heure trente chacune, des notions de syntaxe, de grammaire, d'orthographe, de structure du texte et d'auto-correction. Ces cours sont dispensés par deux responsables d'atelier: Audrey Lévesque, étudiante au bac d'enseignement secondaire (concentration française) et Guylaine Larocque, étudiante au certificat en andragogie (elle détient une maîtrise en terminologie). Celles-ci en ont structuré le contenu uniquement après avoir rencontré les étudiants et évalué leurs lacunes, leurs attentes et leurs besoins. Le tout pour 10$ par session!

L'initiative de ce projet-pilote revient à Ingrid Dammange, vice-présidente à la formation universitaire à l'ADEESE-UQAM et responsable du dossier. Complétant présentement son bac d'enseignement en adaptation scolaire et sociale, elle a été à même de constater, tout au long de son parcours académique, tant la faiblesse en français de certains étudiants en éducation et la nécessité de maîtriser la langue française à titre de futurs enseignants, que les exigences universitaires et les lourdes sanctions imposées aux étudiants aux prises avec ces difficultés.

Or malgré ces contraintes considérables, explique-t-elle, rien dans les services offerts actuellement aux étudiants ne vient combler leurs besoins spécifiques en français, ou leur offrir une démarche individualisée adaptée à des lacunes clairement identifiées. "Soit les étudiants s'inscrivent aux cours de rattrapage offerts par l'UQAM dans le cadre de sa Politique sur la langue française, soit ils consultent Cyberlangues - le Centre d'aide à l'apprentissage des langues de la famille des lettres et des communications - principalement axé sur le monitorat et la correction des travaux."

Fin avril, les divers intervenants au dossier du BAF procéderont à une évaluation critique de l'expérience. Mais selon Ingrid Dammange, il est d'ores et déjà acquis qu'elle répond à un urgent besoin. En effet, tant de la réponse des étudiants à l'annonce du projet - y compris celle, spontanée, d'étudiants d'autres secteurs de l'UQAM qui n'y étaient pas admissibles - que les premiers commentaires recueillis auprès des personnes inscrites aux cours, en font foi. Seule critique recueillie à ce jour: "Une heure et demie par semaine, c'est trop court!"

Il y a donc de fortes chances que le BAF soit de nouveau à l'oeuvre à l'automne l998, peut-être même avec des assises élargies, puisque la possibilité de conclure des alliances avec d'autres associations sectorielles sera, d'ici là, explorée. Quant à Ingrid Dammange, elle passera alors le flambeau. Déjà, elle se dit heureuse et satisfaite de cette réalisation: "Un beau projet, conclut-elle, qui a pu se concrétiser avec la collaboration et le soutien de Véronique Patrie, Mélanie Duval, Denis Blackburn, l'équipe de l'ADEESE-UQAM et les Services à la vie étudiante. Je tiens à les en remercier."