Numéro 15,
7 avril 1997


Titres d'ici


La recherche qualitative


Dans leur ouvrage intitulé La recherche qualitative, fondements et pratiques, Gérald Boutin et Gabriel Goyette, professeurs au département des sciences de l'éducation à l'UQAM, ainsi que Michelle Lessard-Hébert, chargée de cours (UQAM) et orthopédagogue, tentent de répondre à certaines des questions que soulève l'approche de type qualitatif.

Ainsi, comment peut-on être sûr de la valeur des méthodes d'analyse et des conclusions de recherches conduites d'après le paradigme qualitatif ? Comment aborder le débat, toujours actuel, entre les approches quantitatives et qualitatives ? Sur quels fondements théoriques s'appuie la recherche qualitative et quelles en sont les pratiques actuelles ?

Cet ouvrage, qui en est à sa deuxième édition (Éditions Nouvelles, Collection "Éducation"), s'adresse d'abord aux étudiants de deuxième et de troisième cycles, mais également à tous les chercheurs en sciences humaines.




L'approche multimédiatique de l'enseignement

Pour une approche multimédiatique de l'enseignement, signé par Nicole Lebrun et Serge Berthelot, professeurs au département des sciences de l'éducation à l'UQAM, tente de cerner les caractéristiques de chacun des différents équipements médiatiques, leur contribution au développement des connaissances des apprenants, ainsi que la façon de les utiliser, les intégrer et les appliquer dans l'enseignement.

Faciliter la conception, la réalisation et l'utilisation de matériel pédagogique pertinent en relation avec les objectifs d'enseignement et de formation visés et préconiser la planification, l'utilisation et l'évaluation des applications pédagogiques de l'ordinateur, tels sont quelques-uns des objectifs visés par les auteurs. Leur livre, publié aux Éditions Nouvelles, Collection "Éducation", s'adresse donc à tous ceux qui, de près ou de loin, oeuvrent dans le domaine de l'enseignement et de la communication.



Les enjeux des autoroutes de l'information


Cartier, Michel. Le nouveau monde des infostructures. Montréal, Éditions Fides, 1997, 189 p. Dans cet ouvrage consacré aux nombreuses facettes du développement des nouvelles technologies d'information et de communication (NTIC) et de leur corollaire, l'avènement d'autoroutes de l'information, Michel Cartier, professeur au département des communications, s'intéresse tout particulièrement à deux grands enjeux: les contenus et les modes de consommation.

Dans le premier cas, celui des contenus, l'enjeu "concerne la création d'une industrie du contenu qui est peut-être déjà devenue la première industrie mondiale. Parce que l'information est le matériau de notre imaginaire individuel et collectif, les sociétés qui n'auront pas su développer de contenu spécifique, non seulement ne se démarqueront-elles pas du modèle américain, elles risquent de disparaître en tant qu'entités culturelles". Dans le second cas, celui des modes de consommation, l'impact technologique sur la société est tel qu'il se "mesure aussi par des changements radicaux dans les modes de consommation et par l'émergence de nouveaux marchés qui créent des liens inédits entre l'intégration économique et l'intégration culturelle".




Action, passion, cognition

Selon le professeur Pierre Ouellet, du département d'études littéraires, un débat de fond s'ouvre aujourd'hui "sur les acquis et les perspectives de la sémiotique d'inspiration greimassienne". Le titre de l'ouvrage collectif réalisé sous sa direction, Action, Passion, Cognition - D'après A. J. Greimas, évoque la thématique qui sert de toile de fond à ce débat, auquel ont pris part quelque vingt-quatre spécialistes issus de dix-sept institutions universitaires (françaises, américaines, canadiennes et québécoises). Notons que six d'entre eux sont de l'UQAM, en sus du professeur Ouellet: Gilles Therrien, Fernande Saint-Martin, Jocelyne Lupien, Larry Marks, Nycole Paquin et Jacques Pierre. L'histoire de la théorie sémiotique sur trois décennies y est racontée en filigrane, en trois chapitres: Passion et sensation, Perception et cognition, Énonciation et Action. "(...) la sémiotique aura su montrer, écrit M. Ouellet dans sa présentation, comme la philosophie critique naguère et les sciences cognitives aujourd'hui, que notre faculté de symboliser, de se représenter le monde vécu, ne repose pas uniquement sur l'usage plus ou moins maîtrisé des systèmes de signes, tel qu'on le croyait il n'y a pas si longtemps, mais bien plus fondamentalement sur la mise en oeuvre de processus cognitifs et affectifs, sensoriels, perceptuels et passionnels, qui sous-tendent et composent notre activité symbolique." Chez Nuit Blanche Éditeur (Québec) et PULIM (Limoges, France).



Coopératisme
Le mouvement Desjardins


Sous la direction de Benoît Lévesque avec la collaboration de Marie Bouchard, Michel Grant, Luc Desrochers et Francine Jacques. Desjardins. Une entreprise et un mouvement? 9e colloque sur les leaders du Québec contemporain, les Presses de l'Université du Québec, 1997.

Desjardins: une entreprise et un mouvement? Voilà la question à laquelle ont tenté de répondre les historiens, économistes, sociologues, universitaires spécialisés en finances et en gestion, les gestionnaires et les administrateurs du milieu des affaires, et les représentants des mouvements coopératif, populaire et ouvrier.

De leurs points de vue respectifs, ces spécialistes ont esquissé les liens et les tensions qui existent entre les visions d'entreprise et de mouvement. Ils ont tenté d'apporter quelque éclairage nouveau sur les modalités d'un difficile mais possible mariage entre la performance des entreprises et les exigences d'un fonctionnement démocratique, entre le défi de la compétitivité et les demandes relevant de l'économie sociale.




Le citoyen responsable

"L'engagement social repose-t-il toujours sur la volonté d'étendre l'espace démocratique et de donner du sens à notre société en la fondant sur la reconnaissance de droits qui concrétisent nos valeurs humaines les plus significatives? N'assistons-nous pas aujourd'hui, dans certains milieux communautaires, à une dérive éthique menant à l'acceptation de l'iniquité sociale et des injustices structurelles et entraînant un rétrécissement de la conscience, en échange d'un élargissement des ressources? Sommes-nous entrés, consentants et résignés, dans l'ère de l'industrie de la misère humaine?" Telles sont les questions cruciales qu'Henri Lamoureux, chargé de cours au département de travail social, aborde dans un ouvrage publié récemment sous le titre Le citoyen responsable -L'éthique de l'engagement social. L'auteur campe sa réflexion sur la dimension éthique de l'engagement social et communautaire, en s'appuyant sur la réalité québécoise. Ce faisant, il propose une recherche de cohérence éthique, avec en toile de fond, entre autres bouleversements économiques, politiques et sociaux, la transformation du rôle de l'État dans les sociétés modernes et les coupes sombres dans les programmes sociaux. Chez VLB éditeur, collection "Partis pris actuels".



Le contribuable: héros ou malfaiteur ?


C'est sous ce titre quelque peu provocant que les professeurs Pierre P. Tremblay et Guy Lachapelle, du département de sciences politiques de l'UQAM, ont mené une enquête auprès de 1017 personnes demeurant dans la région métropolitaine de Montréal, et âgées de 18 ans et plus. Les personnes interrogées ont accepté de répondre à des questions sur l'état de l'économie, l'argent et les finances, leurs sentiments à l'égard de la justice et de l'équité des politiques fiscales et la fraude fiscale.

Ce rapport d'enquête, rédigé dans un style simple et parfois polémique, jette une lumière sur les attitudes et les comportements des Québécois face à l'impôt et montre que le gaspillage des fonds publics, l'inéquité et l'injustice sont des facteurs de délinquance beaucoup plus déterminants que la seule pression fiscale.

La facture du livre, publié par les Presses de l'Université du Québec, n'est pas celle d'un ouvrage savant réservé à la confrérie des chercheurs. Il s'agit plutôt d'un ouvrage d'information à la portée de toute personne désireuse de réfléchir à ses comportements, lorsque confrontée à l'obligation de payer son dû au fisc.




Les belles histoires du téléroman québécois

Qui a oublié le personnage tant honni de Séraphin Poudrier? Qui n'a point vibré aux amours de Rose-Anna et de Joseph-Arthur? Qui, aujourd'hui, ne sourit pas aux facéties de Popa et Moman? Dans son ouvrage, le professeur Jean-Pierre Desaulniers, du département des communications, nous transporte donc au coeur de l'imaginaire québécois de l'après-guerre, puissamment véhiculé par ce média tout neuf qu'est la télévision, en retraçant l'histoire d'un genre sans égal: le téléroman. Le tout abondamment illustré de photos.

Refaire le parcours de toutes ces émissions hebdomadaires où des passions universelles se teintent de couleurs régionales, c'est aussi refaire l'histoire d'un Québec récent, creuset d'une nouvelle identité. Et le téléroman devient alors miroir, parfois fidèle, parfois déformé, de toutes les passions et les émotions qui secouent un peuple en quête d'évolution et de changement.

Desaulniers, Jean-Pierre. De la famille Plouffe à La petite vie. Les Québécois et leurs téléromans. Sous la direction de Marie-Charlotte De Koninck. Préface de Gilles Pelletier. Québec/Montréal, Musée de la civilisation/Éditions Fides, 1996, 120 p. (collection Images de sociétés).