Numéro 16,
5 mai 1997


Études urbaines et touristiques

Aérotourisme au Québec: une première étude sur un nouveau marché


M. François Bédard, professeur au département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM et responsable de la recherche sur l'aérotourisme au Québec.

Le gouvernement fédéral annonçait, en 1994, dans le cadre de sa nouvelle stratégie nationale de transport aérien, la cession de propriété d'un certain nombre d'aéroports locaux et régionaux du Québec, et ce, au plus tard en mars 1997.

Dans ce contexte, une équipe de la Chaire de tourisme de l'UQAM, sous la direction du professeur François Bédard et bénéficiant de l'appui financier de Transport Québec, de Tourisme Québec, du Conseil de l'aéroport de St-Hubert ainsi que de la Chaire même, a pris l'initiative de proposer aux divers intervenants locaux et régionaux la réalisation d'une étude sur l'aérotourisme afin d'en connaître le potentiel et les possibles retombées économiques pour les villes et régions desservies par des aéroports.

"Nous définissons l'aérotourisme, de dire François Bédard, comme des activités de voyages ou de loisirs pratiquées par des excursionnistes ou des touristes au moyen d'un avion ou autre appareil volant loué ou dont ils sont propriétaires, et qu'ils pilotent ou manoeuvrent eux-mêmes". L'objectif de la recherche se précise alors: il s'agit avant tout de trouver une justification pour le maintien des petits aéroports québécois; justification qui ne peut venir, toujours selon les propos du professeur, que de l'exploitation d'un nouveau marché. Car la gestion de tels aéroports coûte cher et ne peut ni incomber entièrement aux seules municipalités ou administrations régionales ni reposer uniquement sur des marchés plus traditionnels et déjà exploités comme la clientèle d'affaires ou la clientèle de loisirs.

"Et ce nouveau marché, de préciser François Bédard, est celui de l'aérotourisme, plus ou moins connu et surtout plus ou moins exploité. Toutefois, il existe des infrastructures - les aéroports - déjà en place. Et des attraits touristiques dont le développement est déjà assuré. En combinant les deux et en offrant un produit touristique attrayant aux amateurs d'aérotourisme, on peut aider au maintien des petits aéroports".

Afin de soutenir les différents intervenants touristiques et les divers acteurs du transport aérien régional au Québec dans leur démarche visant la sauvegarde des aéroports locaux et régionaux, le professeur Bédard a donc approché l'American Owners and Pilots Association - forte de 330 000 membres - et conclu une entente avec celle-ci.

"Cette association a accepté, à notre demande, de conduire une enquête sur le profil et les attentes d'un certain nombre de ses membres en matière d'aérotourisme au Canada et au Québec. Nous avons utilisé ces données, d'expliquer le professeur Bédard, afin de les réintroduire auprès des multiples intervenants pour les aider dans leur réflexion".

Bref, ayant désormais en main un portrait plus clair de la situation, la principale tâche de François Bédard consiste à participer, avec les divers acteurs municipaux, régionaux, touristiques et autres, à l'élaboration d'une stratégie visant, d'ici peu de temps, à offrir des destinations et produits touristiques intéressants pour un marché jusqu'ici peu ou prou exploité à l'avantage des petits aéroports.