Numéro 9,
13 janvier 1997


L'enfant, titulaire de droits fondamentaux?

4e colloque des droits de la personne


Lucie Lamarche, directrice du module des sciences juridiques (à gauche) et Mylène Sabourin, étudiante de 2e cycle et assistante de recherche.



Exploitation économique, sévices physiques et sexuels, pauvreté, abandon ou négligence, vente et traites d'enfants: ces phénomènes transnationaux sont-ils compatibles avec la conception que l'on se fait de l'enfant, une personne à part entière et donc, titulaire de droits fondamentaux? Une personne à protéger mais aussi, sujet de droits? Une centaine de participants - des universitaires, des intervenants sociaux, des juristes, des représentants d'organismes gouvernementaux, des citoyens engagés - ont pris part à une réflexion contemporaine sur ces questions complexes, à l'occasion du 4e colloque annuel des droits de la personne tenu à l'UQAM le 6 décembre dernier. Le thème: Des enfants et des droits? Une initiative conjointe du département des sciences juridiques, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et de la Société québécoise de droit international.

Lucie Lamarche, directrice du module des sciences juridiques et responsable de l'organisation du colloque, et Mylène Sabourin, étudiante à la maîtrise en droit social et du travail et assistante de recherche, tracent un bilan très positif de l'événement. "Comme par les années passées, note Mme Lamarche, la rencontre a fourni aux praticiens une des rares occasions d'échanger, sans contrainte, avec des chercheurs et des universitaires, et ce faisant d'élargir leurs réseaux de communication."

Il s'agissait également, selon Lucie Lamarche, de rendre l'expertise accessible, ce concept devant être entendu dans son sens large: "Ainsi, le fait qu'un travailleur de rue ait présenté une communication sur le travail des enfants a permis de jeter un autre éclairage sur des concepts fréquemment utilisés par des chercheurs et des juristes, et que ceux-ci ont tendance à prendre pour acquis." Que signifie protéger un jeune, par exemple, concrètement?

Autres questions au menu: À qui appartiennent les enfants? Quelles incidences les compressions budgétaires ont-elles sur la protection des jeunes contrevenants, eu égard à l'intention du législateur québécois? Quel est l'impact du libre-échange sur le travail des enfants au Mexique? Que garantit la "Convention sur la protection des enfants et la Coopération en matière d'adoption internationale" de la Conférence de la Haye?

Étaient membres du comité organisateur, outre Lucie Lamarche et Mylène Sabourin, Me Pierre Bosset et Danielle Robichaud, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, et Me Carol Hilling, de la Société québécoise de droit international. Quant au comité scientifique, il était composé des professeures Renée Joyal (département des sciences juridiques de l'UQAM), Denise Tremblay et Sonia Legris (U de M).

Les retombées du colloque? Outre son impact, difficile à mesurer, sur le questionnement des praticiens et des chercheurs, sur leurs travaux ou leurs interventions, ou encore découlant du réseau de contacts ainsi établi, il faut souligner la publication prévue vers le mois de mai, aux Presses de l'Université Laval, des Actes de cette 4e édition du colloque des droits de la personne.