Numéro 9,
13 janvier 1997


Les commissaires le réaffirment dans leur rapport

L'éducation physique est une composante essentielle de la formation des jeunes Québécois


M. Yvan Leduc, professeur au département des sciences de l'éducation.



Avant de quitter le Québec pour la France où, profitant d'un congé sabbatique, il poursuivra des recherches en éducation physique, le professeur Yvan Leduc était soucieux. Qu'allait-il sortir du Rapport final de la Commission des États généraux sur l'éducation? Les commissaires allaient-ils recommander que l'école québécoise fasse l'économie de l'enseignement physique pour tous?

Non seulement le rapport (publié en octobre), juge-t-il l'enseignement physique important, mais il le croit essentiel. Ainsi, au chapitre des chantiers prioritaires et des tâches qui s'y rattachent (axe du "développement personnel"), on peut lire: "Le bien-être physique et psychologique n'est pas donné à la naissance une fois pour toutes. Il est essentiel de proposer aux élèves l'acquisition des connaissances et l'adoption des attitudes qui leur permettront d'être bien dans leur peau, de vivre en santé, de découvrir leurs valeurs, d'établir des relations harmonieuses avec les autres, de composer avec les difficultés qu'ils rencontreront dans leur vie personnelle, dans leur cheminement scolaire et professionnel, dans leurs relations familiales ou sociales. Vue sous cet angle, l'éducation physique est une discipline incontournable." (Rapport final, page 21)

Quand le Journal l'UQAM a rencontré le professeur Leduc (des sciences de l'éducation), il ne disait pas autre chose. Pour lui, l'enseignement physique doit se comprendre dans son sens le plus large, englobant notamment l'éducation à la santé. Et, c'est dans cette optique, croit-il, que les universités du Québec doivent former les futurs enseignants.

M. Leduc reconnaît cependant que tous les professeurs d'éducation physique québécois ne voient pas les choses du même oeil. C'est ce qui pourrait expliquer qu'ils ne se soient jamais regroupés dans une Association professionnelle unique, vouée à la défense d'intérêts communs. Le professeur Leduc profitera de son année sabbatique pour réfléchir à ces questions, dans une perspective comparative. Il connaît bien l'approche américaine (il a fait ses études universitaires aux États-Unis), et il s'intéresse depuis toujours à ce qui se fait en Europe dans le domaine. "Ce sont, dit-il, deux modes de penser et de faire l'éducation physique et le sport. Au Québec, nous oscillons entre les deux."

Toulouse et Monpellier C'est à Toulouse, dans un premier temps, que le professeur Leduc travaillera; il se joindra à une équipe de chercheurs du Laboratoire de recherche en activités physiques et sportives de l'Université Paul- Sabatier. Cette équipe met l'accent sur la recherche interdisciplinaire et accueille dans ses rangs des chercheurs de partout.

M. Leduc complètera son séjour d'étude à l'Institut universitaire de formation des maîtres de Montpellier (laboratoire Corps et culture), où il participera à un important colloque sur le thème "Comment faire l'éducation physique, de la maternelle à l'université".

Enfin, M. Leduc profitera de son congé sabbatique pour écrire les premiers chapitres d'un ouvrage consacré à l'éducation physique dans différents pays et en remontant aussi loin que faire se peut dans le temps.